La plus vieille bibliothèque du monde rouvrira ses portes en mai

Orianne Vialo - 15.04.2016

Edition - Bibliothèques - Al Quaraouiyine - bibliothèque maroc - réouverture bibliothèque


Plus de trois ans de travaux de rénovation plus tard, et voilà que la bibliothèque marocaine Al Quaraouiyine, présentée comme la plus vieille vu monde, va rouvrir ses portes en mai prochain. Bâti en 859 sous le règne du sultan Abou Inane al Marini dans la ville de Fès, ce temple des livres avait fini par tomber en ruines, et avait dû fermer ses portes en 2012.

 

(Aziza Chaouni / CC BY 2.0)

 

 

    Son architecture de style arabo-andalou lui confère une renommée mondiale. Édifiée il y a plus de 1000 ans, cette bibliothèque a accueilli en son sein des savants du monde arabomusulman tels que le théologien et poète Ibn Al-Arabi (au XIIe siècle), l’historien et philosophe Ibn Khaldoun (XIVe siècle), ainsi que des savants juifs comme Maïmonide. 

 

Cependant, en 2012, l’état du bâtiment inquiète tellement le ministère marocain de la Culture que ce dernier fait appel à l’organisation TED Fellows et à l’architecte Aziza Chaouni pour donner un coup de neuf à l’édifice. 

 

Des travaux colossaux pour la réhabilitation 

 

« Quand je me suis rendue sur place, j’ai été choquée par l’état de l’endroit », dévoile Aziza Chaouni à la fondation TED. « Dans les pièces qui contenaient de précieux manuscrits datant du 7e siècle, la température et l’humidité étaient incontrôlées, et il y avait des fissures dans le plafond », explique-t-elle. 

 

« Au fil des années, la bibliothèque a subi de nombreuses réhabilitations, mais elle souffre encore de problèmes structurels majeurs : un manque d’isolation et des carences dans les infrastructures comme un système de drainage bloqué, des tuiles cassées, des poutres en bois fissurées, des fils électriques exposés, etc. », précise Aziza Chaouni.

 

Les travaux à effectuer se révèlent donc d’une ampleur titanesque : il faut restaurer les murs, tout en conservant les documents, mais aussi repenser la configuration de l’espace, afin de le rendre plus pratique. L’architecte espère également rendre les lieux plus modernes, sans pour autant dénaturer l’architecture d’origine. Par la même occasion, elle fait installer des panneaux solaires et un système de collecte des eaux pour l’irrigation des jardins de la bibliothèque.

 

Néanmoins, l’architecte rencontre quelques problèmes au moment de la restauration, notamment à cause de la fragilité de certains matériaux. Des problèmes avec lesquels la professionnelle va devoir composer pour mener son projet à bien. « Je ne voulais pas que le bâtiment devienne un cadavre embaumé ! » justifie Aziza Chaouni.

 

Des locaux bientôt prêts à accueillir le public

 

Désormais, les visiteurs pourront y trouver un laboratoire de restauration des manuscrits, une salle de lecture, une collection de livres rares, une salle de conférences, des bureaux administratifs et même un café. Le fonds de la bibliothèque est quant à lui dédié aux livres de théologie, de droit, de grammaire ou encore d’astronomie. 

 

Une salle du XIIe siècle sera également consacrée à une exposition d’art marocain « Les Marocains et les étrangers auront accès, pour la première fois, aux manuscrits uniques et incroyables de la bibliothèque et pourront en plus profiter de son architecture », se ravit l’architecte Aziza Chaouni. 

 

(via Le FigaroAl Huffington Post