La police Calibri fait tomber le Premier ministre pakistanais pour corruption

Bouder Robin - 12.07.2017

Edition - Société - microsoft office - police calibri - nawaz sharif pakistan


Quand justice et police s'allient contre le crime, rien ne les arrête. Même lorsqu'il s'agit de police d'écriture... En faisant de Calibri sa police par défaut en 2007 sur tous ses supports, la firme Microsoft ne se doutait certainement pas qu'elle se retrouverait impliquée dans une affaire de corruption gouvernementale au Pakistan.
 

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Bureau de Microsoft en Allemagne - efes (CC0)


 

Nawaz Sharif, Premier ministre pakistanais, risque de ne plus jamais utiliser Microsoft Office de sa vie. Le procès qui l'accuse de profiter de sa position avantageuse pour mener des opérations financières et immobilières douteuses vient de prendre un tournant inattendu, alors que l'homme se croyait tiré de ce sacré pétrin.

L'affaire avait été révélée au grand jour avec les Panama Papers en 2016. L'accusation est claire : « Aucune des personnes interrogées n'a pu fournir d'informations tendant à attester de “sources de revenus connues”, ce qui équivaut à être incapable de justifier ses ressources ou la source de ses revenus », selon un rapport de la Joint Investigation Team, police pakistanaise préposée au dossier.
 

Bien entendu, Sharif n'a cessé de nier les faits, soutenant que ni lui ni sa famille n'ont profité de son poste d'aucune façon. Et la fille Sharif de fournir soudain devant le tribunal des documents datant de 2006 justifiant les données manquantes et prouvant par la même l'innocence de son père. Petit air de triomphe pour la famille Sharif... sauf que non.
 

Car c'est là que Microsoft entre en scène. Des experts en typographie, après examen des documents, ont en effet certifié que le texte avait été écrit en Calibri, police créée en 2004, mais qui n'a été rendue disponible au grand public qu'avec la sortie de Windows Vista et... Microsoft Office 2007 ; en 2007 donc.
 

Spectral, police responsive entièrement personnalisable


Ou comment aggraver son cas de la plus cocasse des façons. Nawaz Sharif pourra à présent ajouter aux précédentes accusations qui pèsent sur lui faux et usage de faux. La suite du procès ne fait plus aucun doute... Morale de l'histoire : si vous avez des documents à falsifier, le Times New Roman fera très bien l'affaire.

Via The Next Web