La police fait place nette à Normale Sup

Clément Solym - 20.04.2011

Edition - Société - ens - évacuation - police


Après plusieurs semaines d’occupation de locaux administratifs au sein de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, la police a mis fin, mardi matin, à l’opération de protestation menée par des étudiants et des grévistes. Ces derniers manifestaient ainsi leur soutien à l’ensemble du personnel précaire employé par l’établissement public.

Depuis le début du mouvement, au mois de janvier, les grévistes revendiquaient la titularisation des précaires utilisés par l’Ecole Normale pour occuper des fonctions relatives à la cantine, au ménage ou bien encore à la bibliothèque de l’établissement.

Mais, mardi matin, suite à une décision du Tribunal administratif, les forces de l’ordre ont fait sortir les grévistes des lieux. La direction de l’établissement était excédée par la permanence de cette situation de crise. La proposition de signature d’un CDI pour 13 membres du personnel précaire n’avait pas été jugée suffisante par les manifestants qui avaient continué leur mouvement.


Au sein de la classe politique, les réactions se multiplient pour dénoncer un tel usage de la force publique pour briser une action de soutien menée à l’égard d’un personnel en grande difficulté. Ainsi, dans un communiqué, le Nouveau Parti anticapitaliste, « solidaire de ce mouvement depuis le début, proteste énergiquement contre l’évacuation des occupants pour les forces de police et exige que la totalité des employés précaires soient titularisés », rapporte l’AFP.

De son côté, Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, parle même d’un « scandale anti-démocratique » à l’encontre de l’intervention des forces de police au sein de l’ENS. Cette crise montre que même au sein des établissements publics les plus prestigieux, l’Etat continue d’utiliser un personnel précaire.