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La Poste française égare 45 polars d'une auteure : l'État belge les revend

Clément Solym - 20.05.2019

Edition - International - polars thrillers - livraison romans - service public finances


Justine Huart avait publié son premier roman, un thriller, en octobre 2018. Paru chez Noir’édition, maison d’édition bretonne fondée en 2012, le livre la faisait entrer dans le monde du policier. Et rapidement, un autre type d’enquête s’est profilé, quand une partie de ses livres ont disparu…


 

Médecin au CHU de Liège, l’autrice décidait de commander à son éditeur une centaine de livres, pour ses dédicaces, et autres. Sauf qu’à l’expédition, un problème se pose : seule la moitié des exemplaires lui parvient. 

« Les recherches ont alors montré que le colis avait été perdu au niveau du passage à la douane belge. On essaye donc de réclamer ce colis-là, mais on a dit qu’il était perdu ou introuvable. On n’a en tout cas jamais pu avoir de retour sur ce colis-là », indique-t-elle à la RTBF

Sauf que La Poste ne fait aucun retour, et finalement, les mois passent, avec dans l’idée que les ouvrages sont perdus dans la nature. L’enquête piétine et menace de virer au cold case, jusqu’au jour où l’autrice découvre chez Fin Shop, la boutique du Service Public Fédéral Finances, les 45 exemplaires manquants, mis en vente. 

Aucun contact n’avait été pris, et la structure, mandatée par l’État pour vendre des biens et plus spécifiquement dans le cas de saisies de biens, n’a pas plus réagi. Selon toute vraisemblance, les ouvrages ont atterri sur le comptoir du Fin Shop, qui les a traités comme tout autre produit perdu, et que l’État met en vente.

« Ce sont des romans que j’ai écrits, donc c’est une propriété intellectuelle sur laquelle j’ai des droits. […] Ils ont été vendus sans donner ce à quoi l’éditeur avait droit, ni moi mes droits d’auteur », s’étrangle l’autrice. 


mise à jour 15h 30 :

La romancière a apporté quelques précisions à ActuaLitté : non seulement les ouvrages ne lui ont pas été retournés, mais plus encore, tous ont été achetés. La page de l’enchère est toujours accessible, mais la vente s’est conclue voilà quelque temps.



 
« Mon éditeur a contacté le personnel de Fin Shop », indique-t-elle, sans que la structure ne se soit manifestement émue de la situation. « Apparemment, au bout de 6 mois, les objets perdus par la poste, y compris ceux réclamés par l’expéditeur visiblement, deviennent la propriété de l’État », ajoute-t-elle.

Il est toutefois impossible de savoir à quel moment les ouvrages ont été effectivement mis en vente. Et de conclure, non sans une note d’amertume : « Ce qui n’a pas été dit non plus c’est que cette histoire (qui à mon échelle de 45 romans semble ridicule) concerne, d’après les dires de Fin Shop eux-mêmes, des dizaines de milliers de romans par an... »


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