« La Princesse de Clèves » une nouvelle fois victime de Sarkozy

Clément Solym - 26.07.2008

Edition - Société - Princesse Clèves - de - Clèves


Décidément, on en vient à se demander ce qu’elle lui a fait la pauvre Madame de La Fayette avec son illustre roman, La Princesse de Clèves. Dès que Nicolas Sarkozy a besoin de stigmatiser le savoir inutile, il s’en prend à elle !

Quand Nicolas s'en prend à la Princesse

Et voici la dernière attaque en règle de ce fabuleux roman, d’une finesse psychologique qui doit certes, faire souffrir de nombreux ours… Alors que le président se trouvait devant des bénévoles au sein d’un centre de vacances en Loire-Atlantique, il fait part de son souhait de valoriser cette expérience lors du passage de concours pour entrer dans la fonction publique.
 

 

 


Comme pour étayer son raisonnement, il prend alors appui sur La Princesse de Clèves pour mettre en parallèle une action utile, le bénévolat, et l’acquisition d’un savoir inutile, comme connaître par cœur La Princesse de Clèves : ça ne vaut pas autant que de savoir par cœur La Princesse de Clèves, le bénévolat quand même ! Allez chercher l’erreur, s’il vous plaît !

Devant l’incompréhension du public, malgré les rires, le président s’explique, revient sur son enfance : « Parce que j’avais beaucoup souffert sur elle » ! Et l’on imagine bien qu’il a dû souffrir, oui, à avoir entre les mains un roman d’une telle qualité.

Une récidive présidentielle

Rue89 rappelle alors que le président s’en était déjà pris à la Princesse par le passé. En février 2006, à Lyon, le futur candidat déclarait ainsi à des fonctionnaires :

« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur ‘La Princesse de Clèves’. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Un président de la République peut-il se permettre de décrier publiquement une œuvre de la grande littérature française, quand bien même il ne l’apprécierait pas du tout ? Son rôle n'est-il pas plutôt, avant tout, de valoriser la culture, l’acquisition d’un savoir par tous ? Le président ferait bien mieux de prendre exemple sur la princesse :

« Vous m'en presseriez inutilement, répliqua-t-elle ; j'ai de la force pour taire ce que je crois ne pas devoir dire. » Cette force semble manquer à notre président...




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