La prison du disctrict de Columbia offre une bibliothèque aux prisonniers

Orianne Vialo - 06.04.2016

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Depuis quelques années, de nombreuses études ont montré l’importance de la lecture, et en particulier dans le milieu carcéral. Activité culturelle la plus représentée en prison, la lecture est, semble-t-il, de plus en plus appréciée des détenus. Cependant, certains établissements pénitenciers n’étaient pas encore dotés de bibliothèques, comme c’était le cas à la prison du District de Columbia, située à Washington D.C.

 

Corrections.Sa / CC BY 2.0

 

 

Le quotidien The Washington Post s’est intéressé à l’histoire de Larry Blair, un américain de 61 ans, qui a passé près de 40 ans de sa vie derrière les barreaux. Drogue, agressions, vols… À chaque libération, ses vieux démons le regagnent, et l’homme finit toujours par repasser par la case prison. 

 

Larry Blair est sur le point de terminer sa peine à la prison du district de Columbia. Mais cette fois-ci, ce sera différent. Il promet de continuer à lire, et surtout de ne pas commettre d’infractions. 

 

« Quand j’étais dans la rue, je n’ai jamais eu le temps de lire », explique Blair. « Maintenant, je l’ai promis, je vais toujours avoir un livre. »

 

Larry Blair n’est pas le seul homme à avoir trouvé l’équilibre qui lui manquait dans la lecture. 

 

En mars 2015, l’unique prison de la ville de Washington s’est dotée d’une librairie, mise à disposition des prisonniers. Malgré sa récente ouverture, la bibliothèque compte déjà 4.600 livres, qui peuvent être empruntés par les 1.100 détenus. Chacun d’entre eux est encouragé à lire le plus possible, afin de les fidéliser au maximum à la lecture.

 

La lecture comme moyen de réinsertion sociale

 

Cette décision d’inclure une bibliothèque dans la prison américaine fait écho aux réclamations de plusieurs avocats, dès 2013. Ils exigeaient la présence d’une bibliothèque dans la prison de Washington D.C, en mettant en avant des études et des programmes montrant comment la lecture pouvait être bénéfique dans le milieu carcéral.

 

La bibliothèque fait partie d’un ensemble de mesures — au même niveau que les classes de GED (General Education Development) et les formations professionnelles — destinées à permettre aux prisonniers de continuer de s’instruire et d’être aptes au travail. 

 

Dans une interview accordée à The Washington Post, Regina Gilmore, coordinatrice pour le ministère des Services correctionnels, a déclaré : « Il est incroyable de voir comment les petites choses font une énorme différence. Bien sûr, la bibliothèque réduit l’oisiveté, mais elle permet et introduit aussi le dialogue. Les détenus parlent de lecture entre eux. Ce programme a considérablement changé la communication entre eux. »

 

La bibliothécaire, Danielle Zoller raconte quant à elle que « beaucoup de gars me disent qu’ils ont feuilleté leurs premiers bouquins en prison. Cette initiative ne peut que leur être bénéfique, maintenant comme pour leur sortie de prison ».

 

(via The Washington Post)