La prison, espace d'aliénation ? Pour le droit à la lecture des détenus

Clément Solym - 17.04.2018

Edition - International - prisonniers droit lecture - Amérique prisons livres - prisonniers livres interdiction


Le droit des prisonniers à la lecture est régulièrement chahuté, voire bafoué. Aux États-Unis, le sujet revient avec force, alors que l’État de New York s’apprête à réintroduire un programme restreignant l’accès aux livres. Il semblait pourtant que ces méthodes tendaient à disparaître. Manifestement, non. 

 

Pirate
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

En janvier dernier, les organisations de défense des Droits et des libertés civiles le soulignaient : plusieurs États avaient fini par reculer sur la censure de livres auxquels les prisonniers accèdent. Pourtant, celui de New York y réfléchit, et, de toute évidence, s’apprête à créer un précédent pour l’ensemble du pays. 

 

La Cour suprême des États-Unis, par la voix du juge Thurgood Marshall, avait pourtant statué en 1974 : « Quand les portes de la prison claquent derrière un détenu, il ne perd pas ses qualités d’être humain ; son esprit ne se ferme pas aux idées ; son intelligence ne cesse pas de se nourrir d’un échange d’opinions libre et ouvert ; son désir de respect de lui-même ne prend pas fin ; sa quête d’accomplissement personnel n’est pas achevée. »

 

Autrement dit, les livres ont tout leur rôle à jouer, et plus encore, une fois que les détenus ont perdu leur liberté, pour purger leur peine. Pourtant, les services correctionnels de l’État de New York sont en train de bâtir un programme pilote limitant la capacité des détenus à recevoir colis et documents – à l’exception de quelques revendeurs validés.

 

Or, les livres figurent parmi les articles interdits. 

 

Si pour l’heure, le Département a suspendu le programme, du fait de retours négatifs, l’État est en train de revenir à la charge, plus fortement encore.
 

Auteur d'un best-seller, il doit rembourser le coût
de son emprisonnement... à vie

 

Pour exemple, au Texas, 15.000 ouvrages avaient été mis à l’index des prisons, avec des auteurs comme Alice Walker ou John Grisham, tout en maintenant l’accès à Adolf Hitler et David Duke. Une pétition invite les citoyens à se mobiliser pour empêcher qu’une pareille hérésie ne s’instaure ailleurs, et surtout, tenter que ce principe de restrictions soit mis à terre. 

 

La directive 4911A qui « limite de manière déraisonnable le droit de lire pour les détenus » doit être définitivement rayée, demande la pétition. « Tous les individus, y compris les prisonniers, ont droit à la liberté intellectuelle », ajoute-t-on. 




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