La production éditoriale française en légère baisse, mais toujours concentrée

Antoine Oury - 21.06.2016

Edition - Les maisons - dépôt légal BnF 2015 - édition france - livres publiés 2015


Chaque année, le rapport de l'Observatoire du dépôt légal publié par la Bibliothèque nationale de France permet d'obtenir des données précises sur l'état de l'édition en France. Basé sur les dépôts des éditeurs, obligatoires pour tout document, le rapport fait état d'une légère baisse de la production éditoriale, qui reste malgré tout réalisée, pour moitié, par 142 maisons d'édition seulement sur 8039 déposants.

 

Bibliothèque nationale de France

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Une légère baisse de la production éditoriale : c'est le premier constat du rapport de l'Observatoire du dépôt légal, avec 76.287 livres en 2015 contre 80.255 en 2014. Étant donné le niveau de cette année 2014, la baisse constatée n'est pas symptomatique, juge la BnF, et elle reste « à relativiser ». 

 

A priori, même punition pour le nombre d'éditeurs, en baisse lui aussi : on passe de 8325 éditeurs actifs — ayant déposé au moins un ouvrage dans l'année — en 2014 à 8039 en 2015. Ce chiffre reste supérieur aux 7660 déposants de 2013, et n'est pas particulièrement alarmant, signale l'Observatoire. D'ailleurs, le nombre de « primo-déposants », autrement dit les éditeurs qui publient leur premier livre, est toujours aussi élevé, avec 2547 primo-déposants.

 

Le nombre moyen de livres déposés par chaque éditeur est en légère baisse : depuis 9,9 livres par déposant en 2012, record de la décennie, la baisse est constante et l'on atteint en 2015 9,5 livres en moyenne. Comme chaque année, la moitié des déposants ou presque (48,1 %) ne publie qu'un ouvrage dans l'année (soit 5,1 % des dépôts au total). « À l’opposé, le groupe des quatre plus gros déposants (Edilivre, L'Harmattan, Hachette et Gallimard) dépose 11,6 % des documents annuels. Les 142 plus gros déposants réalisent la moitié des dépôts » note le rapport de l'Observatoire, constatant le maintien d'une concentration de l'édition française.

 

 

Sans surprise, l'autopublication représente une part de plus en plus importante des livres déposés, puisque les auteurs indépendants sont à l'origine de 16 % des livres déposés en 2015, contre 10 % en 2010. 1165 auteurs indépendants ont déposé leur premier livre à la BnF l'année passée, ce qui représente pas moins de 46 % des primo-déposants.

 

Fictions et traductions en tête

 

Quatre livres publiés sur dix sont des ouvrages de fiction, signale la BnF, répartis de la manière suivante :

 

romans : 19,8 % du total

poésie : 4,5 %

théâtre : 1,1 %

bandes dessinées : 5,6 %

littérature pour la jeunesse : 8,3 %

 

L'édition jeunesse représente 8632 livres déposés en 2015, soit 11,5 % des titres parus. On y trouve majoritairement de la fiction (4/5), le reste étant classé dans la section documentaire.

 

Pour les documents, la BnF fournit une visualisation selon les thématiques :

 

 

 

La moitié des bandes dessinées publiées, mais aussi le quart des romans et des livres jeunesse publiés en 2015 sont des traductions : au total, 18 % des publications sont des traductions, en grande partie de l'anglais (7549), mais aussi du japonais, deuxième langue traduite (1425 titres en 2015).

 

 

La décentralisation de l'édition n'est pas pour tout de suite

 

Rayon géographie, la BnF tire le même constat chaque année. L'édition reste centrée sur l'Île-de-France : « Un tiers des déposants et deux tiers des dépôts proviennent de déposants dont le siège social déclaré est en Île-de-France. Plus d’un éditeur sur cinq et près de la moitié des publications sont localisés dans le seul département parisien. » Les régions suivantes sont, d’après les régions administratives en vigueur en 2015 : Rhône-Alpes (8 % des déposants), Provence-Alpes-Côte d'Azur (7 %), puis Midi-Pyrénées, Bretagne et Languedoc-Roussillon (5 %).

 

Les tirages initiaux réalisés en France baissent légèrement, de 70 à 68 % : Île-de-France, Basse-Normandie, Pays de la Loire et Nord-Pas-de-Calais totalisent à elles seules la moitié de l'activité d'impression française.

 

La délocalisation de l'impression augmente, au profit des autres pays européens, Espagne en tête, suivie par l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. La Pologne, la Lituanie, la Bulgarie, la République tchèque, la Roumanie et la Slovénie sont elles aussi plus sollicitées par les éditeurs français. À l'inverse, les impressions réalisées en Asie diminuent, et représentent moins de 5 % du total. Elles sont en majorité réalisées en Chine, qui assume 83 % des importations d'Asie.