La profanation du Coran en Mauritanie provoque des émeutes

Clément Solym - 05.03.2014

Edition - International - Coran - Mauritanie - profanation


En Mauritanie, la profanation d'exemplaires du Coran a entraîné une vague de colère de la part des habitants. Des inconnus ont déchiré quatre volumes, qui ont par la suite été jetés dans des toilettes. Il n'en aura pas fallu plus pour qu'une manifestation se lance. C'est l'imam du quartier de Nouakchott, où se trouve la mosquée Khaled Ben Walid à Teyaret, qui a révélé l'information, rapportant les témoignages de deux témoins oculaires.

 

 

Corán

Juanedc, CC BY 2.0

 

 

Selon le religieux, « un véhicule Hélix est arrivé à hauteur de la mosquée avant la prière du soir. Il y avait quatre personnes à bord. Une d'elles est descendue pour récupérer quatre exemplaires du Coran. Il  les a ensuite déchirés et jetés vers les toilettes ». Les forces de l'ordre ont alors dû intervenir pour disperser la foule, en faisant usage de gaz lacrymogènes. 

 

Selon l'AFP, la manifestation aura fait un mort, un étudiant en lettres, et plusieurs blessés. Les manifestants s'étaient réunis dans le centre-ville, se dirigeant vers la direction de la présidence de la République. Et par contamination, d'autres phénomènes semblables se sont déclarés dans différentes villes du pays. 

 

Ce qui a plus encore enflammé les esprits, c'est que, début février, une personne, présumée malade mentale, aurait uriné sur un exemplaire, dans la ville de Zouérate, à l'extrême nord de la Mauritanie. 

 

Le ministre de la Communication, Sidi Mohamed Ould Maham, est intervenu, à l'occasion d'une conférence de presse menée avec le ministre des Affaires islamiques. « La profanation du Coran qui suscite la colère de la population pourrait ne pas être un acte prémédité », a-t-il simplement indiqué. 

 

De son côté, le Rassemblement des Forces Démocratiques a vivement condamné « ce crime odieux » et « salue le sursaut populaire visant à défendre le plus sacré parmi les fondements sacro-saints de notre Oumma, à savoir le Saint Coran ». De même, le parti Alliance pour la Justice et la Démocratie – Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) a, dans un communiqué, demandé que soient prises « toutes les dispositions pour que les auteurs de profanation du Coran soient connus, arrêtés et jugés conformément à la gravité de leur forfait ».