La Quadrature du Net : On va encore se faire traiter de violeurs !

Clément Solym - 07.01.2010

Edition - Justice - quadrature - net - Zelnik


Dans un communiqué, La Quadrature du net a fait part de sa réaction devant le rapport de la mission Zelnik. Leur verdict est sans appel : « Le résultat frise l'obscénité : en privilégiant subventions publiques et crédits d'impôt, le rapport propose de faire payer par tous les contribuables le prix d'une marchandisation culturelle dogmatique. »

Et de conclure violemment que la mission « accouche donc d'une vilaine petite souris ». On balance des millions d'euros et l'on estime que l'on a fait le tour de la question.

Jérémie Zimmermann, coordinateur va même plus loin : « En privilégiant les subventions publiques en direction de modèles commerciaux obsolètes et en refusant toute reconnaissance de droits au public, la mission Zelnik a montré que les grands discours du gouvernement sur la diversité culturelle ne sont là que pour servir d'étroits intérêts sectoriels. En réalité, les seuls à assumer les risques seront les contribuables et les citoyens, déjà attaqués par la machine à accuser de l'HADOPI. Une vaste farce ! »

Contacté par ActuaLitté, Jérémie nous en dit un peu plus. Si le secteur du livre numérique n'est pas leur cheval de bataille principal, ce dernier pointe tout de même un manque cruel dans les propositions du rapport : « Qu'ont-ils dit au sujet des DRM ? La question n'a même pas été abordée. Et le droit à l'interopérabilité ? Pareil. Cela signifie donc que sur la plateforme unique que l'on préconise, les éditeurs pourraient lier un fichier à un appareil ? Et dans ce cas que va-t-il se passer ? »

Excellente question, Jérémie, merci de l'avoir posée, mais je suppose que tu as déjà une réponse...

« Pour que le livre numérique explose réellement, il faudrait se poser la question des droits nouveaux qu'implique ce marché et qui vont avec les nouveaux usages. On va encore se retrouver à devoir prendre de force des droits pour l'utilisation des fichiers parce qu'on sera obligé de le faire. Et bilan des courses, on se retrouvera encore à se faire traiter de pirates, de violeurs ou de psychopathes. »

La référence aux propos de Frédéric Lefebvre n'aura échappé à personne, lui qui avait livré une analyse toute personnelle en estimant que « la mafia s’est toujours développée là où l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid. »

Ce n'est donc qu'un début, continuons le... débat ?