La question de la tarification des livres selon Craig Swinwood

Julien Helmlinger - 10.03.2014

Edition - Les maisons - Harlequin - Craig Swinwood - Discount


Comme l'annonçait dernièrement Harlequin, à renfort de son bilan 2013, la diminution constante de ses recettes au cours des 4 dernières années n'empêche pas la maison d'édition d'anticiper une stabilisation pour 2014. Son PDG, Craig Swinwood, qui succède depuis le 1er janvier à Donna Hayes, a lui-même commenté les résultats de la firme. L'occasion d'évoquer les défis du moment, et notamment celui qu'il qualifie de « gros problème » de l'industrie, la tarification des livres à l'heure de la concurrence entre e-commerçants et boutiques physiques.

 

Diable de discount

 

 

Parmi les nombreux challenges auxquels se doit de faire face l'industrie de l'édition aujourd'hui, Craig Swinwood en a un tout particulièrement dans le collimateur : celui du prix des livres. Il pointe notamment le fait que les détaillants en ligne ont le pouvoir de pratiquer le discount comme ils l'entendent. Ils choisissent le montant des réductions tarifaires et les titres sur lesquels elles s'appliquent. Une pratique qui ne serait pas sans influencer le marché du livre grand public, terrain sur lequel Harlequin a rapidement misé ses billes.

 

En l'espace de 5 ans, selon Swinwood, le marché du livre de poche grand public aurait diminué de près de la moitié de son poids en valeur. Or, quand un important e-commerçant déciderait de pratiquer une remise tarifaire sur les nouveaux titres à couverture rigide, et ce, au même niveau qu'on aurait coutume de faire avec ceux de la backlist, les ventes de livres de poche pâtiraient de la comparaison.

 

Le prix fait partie des facteurs jouant dans la décision d'achat du lecteur. À tarif égal, ou presque, le consommateur averti opte généralement pour le format imprimé de meilleure finition quand il ne fait pas partie de ceux qui se sont rabattus sur la version numérique du titre. Le PDG impute en bonne partie la baisse des revenus Harlequin à cet état de fait, et voit ce déclin comme le prix à payer lié à la phase de transition que traverse la maison. Il estime désormais que le plus dur est fait.

 

(via DigitalBookWorld)