La réaction du cerveau aux mots dévoilent notre identité

Clémence Chouvelon - 21.05.2015

Edition - Société - Cerveau biométrie - mémoire sémantique - sécurité


Des scientifiques ont réussi à découvrir avec précision l'identité d'une personne grâce aux signaux exprimés par son cerveau. Mais pas n'importe quels signaux, ceux provoqués par la lecture de mots simples. Ces réactions, propres à chacun, pourraient permettre des avancées au niveau des systèmes de sécurité. 

 

brain power

(Allan Ajifo CC BY 2.0)

 

 

Blair Amstrong et son équipe du Centre de recherche basque sur la cognition, le cerveau, et le langage ont enregistré les signaux envoyés du cerveau de 45 volontaires à la lecture de 75 acronymes, tels que « FBI » ou « DVD ».

 

À l'aide de programmes informatiques, ils ont identifié que le cerveau de chaque individu réagissait différemment à ces lectures, leur permettant, après plusieurs tests, d'identifier avec pas moins de 94 % de précision les personnes.  

 

Ces signaux sont générés quand une personne utilise sa mémoire sémantique, qui enregistre le sens des mots, contrairement à la mémoire épisodique qui enregistre, elle, les expériences. Chaque mot à une signification différente pour chaque individu, ce qui explique que les signaux produits par le cerveau soient uniques.

 

Des résultats « prometteurs, qui repoussent les limites de ce que nous pensions connaître à propos de la biométrie », d'après Amstrong. Une telle expérience pourrait en effet ouvrir la voie à de nouveaux systèmes d'identification des personnes ainsi que le renforcement et la facilitation des systèmes de sécurité. 

 

L'avantage d'une telle technique est qu'elle permet de vérifier l'identité d'une personne de manière continue, alors que les identifications classiques par mots de passe ou empreintes digitales doivent être réitérées à chaque fois. 

 

Sur une note plus pratique, Amstrong prend l'exemple d'une affaire en Malaisie, où des hommes avaient coupé le doigt d'un autre pour pouvoir lui voler sa voiture, qui fonctionnait grâce aux empreintes digitales. « On ne peut pas vous couper le cerveau », souligne-t-il. 

 

En tout cas, pas sans risques.