La recherche des reliques de Cervantès progresse à Madrid

Julien Helmlinger - 26.01.2015

Edition - International - Miguel de Cervantès - Archéologie - Don Quichotte


Depuis neuf mois à Madrid, une équipe d'archéologues et d'anthropologues fouille la crypte d'une chapelle à Madrid, où trois tombes non identifiées ont été découvertes, avec l'espoir d'y trouver les restes de l'écrivain Miguel de Cervantès. Tandis que les os sont retirés de terre pour être analysés, les experts espèrent bientôt percer le mystère entourant son tombeau. La première phase d'excavation, qui devrait durer deux semaines, coûte environ 50.000 €.

 

 

 

 

C'est dans le quartier historique Barrio de las Letras, à Madrid, au couvent des Trinitaires, que le créateur de Don Quichotte a été inhumé en 1616. Mais le lieu précis où repose la dépouille n'a toutefois jamais été identifié, de même que celui de son épouse Catalina Salazar.

 

Ce samedi, la crypte médiévale de la chapelle semblait transformée en laboratoire médico-légal, alors qu'une vingtaine de chercheurs y analysait les reliques trouvées. Certains experts vérifiaient les os, d'autres procédaient à de nouvelles fouilles dans une tombe.

 

Des images obtenues avec une caméra endoscopique, qui avait pris des photos à travers un mur, ont notamment été examinées. La technologie géoradar est également mise à profit pour arpenter le site et y localiser de nouveaux objets enterrés.

 

« Nous tentons de retrouver des restes selon certaines caractéristiques, ce qui nous permettrait de passer à la prochaine étape. Il s'agira de comparer son ADN avec celui de sa sœur, mais c'est une phase très complexe », a expliqué l'anthropologue légiste de l'Université du Pays basque, Francisco Etxeberria.

 

La sœur de l'auteur, Luisa de Cervantès, a quant à elle été inhumée en 1623, au sein d'un couvent à Alcala de Henares, à quelques kilomètres à l'est de la capitale. Au cas où la tombe explorée ne serait pas la bonne, quatre autres sites sont susceptibles d'héberger les restes de l'écrivain, sous l'église.

 

La trace de sa tombe avait été perdue lors de la rénovation de l'église, après sa mort. Les monuments funéraires n'étaient généralement pas sculptés dans la pierre à l'époque, précise Francisco Etxeberria, et se trouvaient construits avec des matériaux moins durables. 

 

Un travail de fouille que n'aura pas facilité une certaine maison d'édition qui avait autrefois loué les lieux pour les remplir de livres. Il aura ainsi fallu dégager la crypte avant les recherches.