La reconstruction de la bibliothèque russe incendiée commence

Antoine Oury - 24.02.2015

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Dans la nuit du 30 au 31 janvier dernier, la bibliothèque Inion, à Moscou, avait été ravagée par un impressionnant incendie. La moitié de l'Institut d'information scientifique en sciences humaines, abritant environ 14 millions de documents, avait été touché. On estimait alors les pertes à 15 % des fonds conservés. Le travail de reconstruction a commencé, avec une première phase de déblaiement.

 


Il avait fallu 24 heures aux pompiers pour venir à bout de l'incendie

 

 

Le président de l'Académie des sciences, Vladimir Fortov, estimait au lendemain de l'incendie qu'au moins 15 % de la collection seraient détruits. « C'est une grande perte pour la science, il s'agit de la plus grande bibliothèque en son genre de par le monde, probablement l'équivalent de la Congress Library aux USA. [...] Toutes les sciences sociales mettent à profit cette bibliothèque, on trouve ici des documents impossibles à trouver ailleurs », expliquait-il.

 

Une fois l'incendie maîtrisé, le site du sinistre a été placé sous protection policière, pour éviter les vols ou les accidents dans les décombres et les structures fragilisées par les flammes. L'administration a lancé un appel aux volontaires sur les réseaux sociaux, en indiquant l'adresse mail d'un coordinateur. Les volontaires seront munis de masques et de gants, et participeront à la fouille des décombres pour sauver les documents qui peuvent l'être.

 

Entre 2,32 millions et 5,42 millions d'exemplaires auraient disparu dans les flammes, a signalé l'administration, qui a revu son estimation des pertes à la hausse, soit entre 16 et 40 % du fonds total. De nombreux chercheurs et autres spécialistes ont déploré la lenteur des opérations de numérisation, qui auraient pu permettre de préserver des textes souvent uniques. 

 

La thèse de l'incendie criminel a pu être évoquée ça ou là, mais l'institut a rapidement démenti les hypothèses. La phase de restauration des documents a également commencé, évaluée à 154 années par certains experts... Les chercheurs, conservateurs et bibliothécaires allemands auraient d'ores et déjà proposé leur aide.