La réglementation sur le prix des livres avait du bon, en fait

Clément Solym - 18.05.2010

Edition - Economie - vente - perte - livres


Le monde des disquaires s'est effondré parce qu'ils n'ont pas bénéficié d'une loi sur le prix unique - et c'est ce qui permet à la librairie de persister aujourd'hui, grâce à la Loi Lang de 80. Et en Angleterre, cette législation qui existait auparavant a été abrogée. Au point que récemment, le patron de Hachette UK ait déclaré que finalement... son point de vue des années 90... il en était peut-être un peu revenu...

Tim Hely Hutchinson (aucun lien parenté) fut l'un des partisans de la Net Book Agrement, qui avait permis de casser la loi sur le prix unique, pour accéder à uyn marché plus libéral. Sauf qu'en cette ère nouvelle de méga-détaillant qui vendent à des prix massacrés, et pour qui le livre ne représente plus guère qu'un produit d'appel - que l'on vend à perte au besoin - il ne serait peut-être pas mauvais de revoir les règles du jeu.

Et le Tim Hely Hutchinson (toujours pas de lien de parenté) d'aujourd'hui le reconnaît volontiers, il « serait tout à fait favorable » à ce que les libéraux et les conservateurs se penchent sur la question de ces ventes à perte.

Au cours de la Book Industry Conference, à laquelle il participait, Tim s'est cependant heurté à Dominic Myers, directeur général de Waterstone's, rapporte The Bookseller.

Pour ce dernier, le retour à une réglementation du prix des livres est peu probable, et au contraire, les consommateurs aujourd'hui connaissent la valeur d'un livre. D'ailleurs, certains éditeurs ont poussé le bouchon trop loin en vendant leurs titres au détail à des tarifs excessifs.

L'avenir sera sombre dans ce cas, estime Tim, qui constate par là même que les ventes sont en baisse. Mais cette baisse n'a rien à voir avec la météo ni les conditions économiques actuelles : ce serait plutôt le numérique qui les impacterait. Et comme de plus en plus d'oeuvres peuvent être accessibles sur la toile, les consommateurs ne font plus ce que l'on attend d'eux...