"Maman, tu n'as plus besoin de me consacrer tout ton temps"

Nicolas Gary - 13.05.2015

Edition - Société - lecture chevet - mères enfants - relation temps


De nombreuses études mettent en avant l'importance du temps de lecture que les parents prennent avec leur enfant, juste avant l'heure du coucher. Ces lectures de chevet renforceraient la relation tout en établissant avec l'enfant un lien spécifique, vis-à-vis du livre et de la lecture. Et les pères et mères qui négligent ce moment sont alors pointés du doigt – à tort ?

 

 

Bristol born Amelia Dyer - one of the most evil women who ever lived!

Paul Townsend, CC BY NC 2.0

 

 

Une enquête de septembre 2013 indiquait que 36 % des mères britanniques ne prenaient pas le temps de lire des histoires à leur progéniture – pas faute, pourtant, d'en avoir profité quand elles étaient plus jeunes. Or, ces mères se sentent particulièrement coupables, 87 % d'entre elles considérant que ces moments de lecture sont essentiels dans le développement de leur enfant.  

 

Plus globalement, cette pratique se perdrait chez les parents américains, qui manquent de temps pour faire la lecture, indiquait une autre enquête à la même époque. Ainsi, 87 % des parents lisent des histoires à leurs enfants pour qu'ils s'endorment, mais seuls 33 % le font tous les soirs.

 

En moyenne, ils le font tout de même 5 soirs par semaine, pour une durée de 10 à 19 minutes (plus de 50 %) contre plus de 20 minutes (un quart). Chose intéressante : le temps de lecture a tendance à augmenter avec l'âge de l'enfant — qui s'endort peut-être simplement moins vite à mesure qu'il grandit.  

 

Une nouvelle étude américano-canadienne, évoquée par Le Temps, indique cependant que les mères n'auraient pas l'obligation de maximiser le temps passé avec leur enfant.

 

Melissa Milkie, chercheuse à l'université de Toronto, qui publie l'étude, explique : « Beaucoup de chercheurs s'étaient demandé si le travail des mères en dehors du foyer affectait le développement des enfants. La plupart de ces études montraient qu'il y avait des effets très faibles, ou pas d'effet du tout. Il nous a semblé naturel d'aborder ce même sujet sous l'angle de la quantité de temps – ce que ces études antérieures ne faisaient pas. »

 

Le temps maternel, qui implique donc ces moments de lectures, n'aurait alors pas à être quantitatif, mais plutôt qualitatif. Et justement, l'étude évoque ces instants privilégiés, de sorties avec son enfant ou de lecture à voix haute – y compris les repas pris en commun auraient plus d'incidence, s'ils sont rendus précieux. 

 

En somme, l'étude conclurait que le temps que passent les mères ou les pères, n'aurait pas de conséquence, selon que ce soit plus l'un ou plus l'autre. En revanche, si les deux parents, ensemble, consacrent du temps à leur progéniture, cela aurait plus d'impact chez les 12/18 ans que chez les plus jeunes. 

 

Plus question de culpabiliser les mamans stressées, parce qu'elles négligeraient leurs petits...