La rentrée littéraire, 2,5 % du chiffre d'affaires annuel de l'édition

Nicolas Gary - 28.10.2015

Edition - Economie - rentrée littéraire - GfK sondage institut - succès Delphine de Vigan


Le coup de feu pour les prix littéraires va débuter sous peu, avec le prix de l’Académie française. L’occasion de sortir les marronniers du feu – de crainte qu’ils ne brûlent. Après, c’est sec et immangeable. GfK vient ainsi de produire une étude portant sur la rentrée littéraire, démarrée mi-août, avec sa déferlante de centaines de romans. Dont certaines recevront les honneurs de récompenses. 

 

Fnac rentrée littéraire

La rentrée littéraire à la Fnac (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Médiatiquement, la rentrée littéraire relève de la même imposture marketing que celle qui fait passer un morceau de pâte blanche et ronde, entourée de cire rouge, pour du fromage. Mais chaque année, cela remarche, et pas de raison de se priver : d’autant plus que la période représenterait 19 % du chiffre d’affaires annuel de l’édition, pour la partie « fiction moderne grand format ». 

 

Sur l’ensemble de revenus annuels, elle pèserait plutôt 2,5 %. Pas grand-chose en réalité, donc, puisqu’elle dure tout de même quatre mois. 

 

Le panel de consommateurs qui a servi à GfK indique par ailleurs que la pression médiatique semble exercer une certaine influence sur les lecteurs. « 2 % des Français de 15 ans et plus ont acheté au moins 1 titre des rentrées littéraires 2013 et 2014 avec une moyenne de 1,4 livre par acheteur en 2014 », indique l’organisme. 

 

Et dans le même temps, 13 % des ouvrages marqués du sceau de Rentrée littéraire seraient achetés grâce à des articles dans la presse, ou une émission de télévision. On remarque que, pour les autres titres de littérature générale, les données sont de l’ordre de 3 à 5 %. « À la mi-octobre 2015, ce sont déjà plus de 1 million d’exemplaires de la rentrée littéraire 2015 qui se sont écoulés au format papier » indique Sébastien Rouault, responsable Livre chez GfK.

 

Pour 2015, les gros succès sont d’ores et déjà annoncés :

 

Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie (JC. Lattès –  107 400 ex.) 

Christine Angot, Un amour impossible (Flammarion –  85 500 ex.)

Amélie Nothomb, Le crime du comte Neville (Albin Michel – 77 500 ex.)

 

Et va donc s’avancer la valse des prix, toujours un moteur pour l’économie d’une maison d’édition. « Les trois dernières semaines de l’année représentent en moyenne plus d‘un tiers des ventes d’un roman couronné par un prix », souligne Sébastien Rouault.

 

Le prix Goncourt reste parmi les prix d’automne celui dont les ventes moyennes sont les plus élevées. Le Goncourt des lycéens et le Grand Prix de l’Académie Française suivent notamment, car ils ont tous les deux couronné en 2012 La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker dont près de 800 000 exemplaires se sont écoulés à ce jour en grand format. 

 

 

NB : les données de vente sont basées sur un panel de distributeurs, aussi bien physiques que dématérialisés.