La rentrée littéraire, ce n'est pas raisonnable, (Teresa Cremisi)

Clément Solym - 28.08.2009

Edition - Société - rentrée - littéraire - raisonnable


Ce matin, dans Esprit critique, Guillaume Erner recevait la PDG du groupe Flammarion, la redoutable Teresa Cremisi, pour évoquer tout à la fois la rentrée littéraire, cette spécificité française, son parcours et l'édition plus généralement.

Rentrée littéraire, j'y vais mais j'ai peur

Et c'est « anxieuse comme une écolière » que Teresa voit se profiler cette éternelle rentrée avec ses 659 livres : bien évidemment, ce n'est « pas raisonnable, mais c'est comme ça », explique-t-elle. Un moment de l'année « théâtral, conflictuel », mais typiquement français, qui met en compétition des personnes qui ne sont pas faites pour cela : les auteurs ne sont pas « des sportifs de haut niveau ». D'ailleurs, en Italie, d'où vient Teresa, on ne fonctionne pas du tout sur le même schéma : on publie toute l'année sans point d'orgue majeur.

Si sa rupture avec Gallimard, qui fut sa première maison avant Flammarion, restera sous le sceau du secret, l'éditrice revient sur les prix littéraires et les vindictes lancées contre les institutions. Des combats qui « font partie des joutes verbales » et du cocorico français plaisante-t-elle.

Une crise, oui, mais ça va

Et en période de crise, comment va l'édition ? C'est un milieu « fragile et solide », qui souffre probablement moins qu'ailleurs, parce qu'il représente une petite économie, encore artisanale - eh... oui...

Un point noir cependant, la centralisation des commandes par FNAC, qui depuis quelques années maintenant gène les éditeurs. Compensé cependant par l'arrivée d'internet, qui loin de favoriser les best-sellers comme on l'avait redouté, a permis l'essor de livres plus confidentiels ou de petits tirages, ouvrages que les grandes enseignes ne pouvaient pas mettre en avant sur leurs étals.

Du numérique, contre Google

Viendront évidemment les questions de la numérisation et des lecteurs ebooks. Après un petit rappel de la colère de Jean-Noël Jeanneney, pour qui le choix de Google Books par la BnF est « un choix politique parce financier », Teresa renchérit avec joie : la « France résiste », alors que ce n'est pas le cas de tous les pays. En effet, en partenariat avec La Martinière et Gallimard, elle rappelle qu'une « petite structure » sera mise au point pour la distribution de livres au format numérique. Pas de date de lancement cependant ni de précision sur les modalités d'utilisation et pour lutter contre Google... on est tenté de sourire...

Cependant, elle ne sera pas à destination des lecteurs privés, mais des librairies et des bibliothèques. Un défaut que Google lui, ne manquera pas d'exploiter. Et pour les lecteurs ebooks ? Ils s'ajouteront aux instruments de lecture, considère Teresa.

Vous pouvez retrouver l'émission à réécouter à cette adresse.