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La rentrée littéraire Julliard : généalogies de la violence

Christine Barros - 01.08.2018

Edition - Les maisons - Rentrée littéraire 2018 - Julliard programme rentrée - Julliard RL 2018


Le mois dernier Bernard Barrault , PDG de la maison Julliard, et Betty Mialet, directrice, toujours enthousiastes et « amoureux de leurs auteurs », présentaient en leur compagnie les trois titres de leur rentrée. Trois romans, entre errances et violences politiques, religieuses, sociales et personnelles.

 



Alors qu’il s’était promis de ne plus écrire sur la violence, les événements de novembre 2015 ont fait replonger Yasmina Khadra dans l’écriture sur le sujet : « Ne pas y revenir aurait été déserter ». Alors que sa ceinture d’explosifs n‘a pas fonctionné devant le stade de France, Khalil fuit, se planque, et va interroger ses angoisses, ses doutes, ses pulsions, sa recherche d’une famille à laquelle appartenir, sa position de victime sociale.

 

Khadra a ici voulu dénoncer « la shelterisation des masses, entre déni de soi et rejet de l’autre ». Pleinement légitime à explorer le sujet (il a travaillé huit années comme chef de la reconnaissance en Algérie) penser comme eux était nécessaire. Musulman pratiquant, la France est pour lui « un mythe, le bastion de l’humanité, garante de la dignité et de l’éthique »; l’auteur affirme ainsi « croire en Dieu, c’est d’abord croire en l’homme, il nous faut retrouver notre part d’humanité. »
 

Pour Bernard Barrault, Khadra est « le seul écrivain sans crainte qui ose aborder les sujets capitaux qui traversent notre pays », Betty Miallet assurant qu’ « extraordinaire, faisant réfléchir, Khalil est assurément son meilleur livre ».

 

 

La purge d’Arthur Nesnidal, se veut l’écho de « l’oppression des puissants et de la dignité des petits ». « Roman d’apprentissage d’un jeune con naïf », il met en scène l’année d’hypokhâgne du narrateur. À la manière d’un La Bruyère et de ses portraits, s’appuyant sur une « virulence très érudite », ce premier roman se veut « un cri d’amour pamphlétaire à la culture classique, refusant la confiscation de celle-ci par des imbéciles, intellectuels violents qui confisquent le savoir dans une classe bourgeoise ». « Bref, intense, gouleyant, délicieux, violent » selon ses éditeurs. 

 

 

Ils vont s’aimer très fort, très mal, à bout de souffle. Entre une mère hystérique et un père absent à sa famille, elle va se faire un jour la promesse d’aimer à en crever. Pour échapper à l’ennui, la solitude, le sentiment de ne pas être. Lui c’est un homme souffrant, sombre. De leur histoire, elle va naître écrivain.

Pour dire le Sujet inconnu. Elle-même. L’amour fou. L’amour qui rend fou. Celui pour cet homme, celui de cet homme. Celui pour et de sa mère. Car « la souffrance sublimée par l’écriture est source de beauté », nous dit Loulou Robert. « Touchant et très abouti » selon son éditrice, nous reparlerons de ce roman coup de poing.


 

à paraitre 16/08

Loulou Robert - Sujet inconnu - Julliard - 9782260032465 - 19 €

Arthur Nesnidal - La purge - Julliard - 9782260032502 - 16 €

Yasmina Khadra - Khalil - Julliard - 9782260024224 - 19 €

 




Commentaires
La Purge d'A. Nesnidal est définitivement un très mauvais ouvrage avec un style d'intellectuel bourgeois pédant (du XIXe comme s'en revendique l'auteur) qui décrédibilise totalement son ambition de s'adresser aux classes populaires. J'ai perdu mon temps et mon argent par l'achat et la lecture de ce livre...
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