“La réouverture des bibliothèques est totalement irréaliste et irresponsable”

Clément Solym - 04.05.2020

Edition - Bibliothèques - réouverture bibliothèque danger - covid bibliothèques consignes


La réouverture des bibliothèques pose un sérieux problème, souligne le syndicat SUD. Apprenant le 28 avril d’Edouard Philippe le programme d’un retour à l’activité le 11 mai, les bibliothécaires sont perdus. Pourquoi des classes avec seulement 15 enfants « volontaires » ou des rassemblements extérieurs avec 10 personnes, mais des lieux de prêts largement accessibles ?

Médiathèque entre Dore et Allier
Charlotte Henard, CC BY SA 2.0 (photo d'illustration)
 

SUD évoque « l’effarement » des personnels face à ce « haut niveau d’improvisation de l’exécutif, depuis le début de cette crise sanitaire ». La CGT Culture expliquait récemment qu’à Paris, les établissements n’accueilleront personne, pas plus le 11 que le 12, ni même le 13 mai. En effet, « seuls les chefs d’établissements et leurs adjoints réintègreront au préalable les locaux pour accueillir les services de remise en état technique des bâtiments (ascenseur, ventilation, nettoyage et autres) une étape qui prendra forcément plusieurs jours ».

D’autre part, il sera nécessaire de restructurer le fonctionnement des lieux, « un délai minimum de quelques semaines ». À cela s’ajoutent des questions liées aux transports en Île-de-France, qui seraient interdits « à la majorité des usagers avec les nouvelles règles de “distanciation sociale”, qui impliquent la moitié des sièges neutralisés et un marquage au sol », comme l’indiquait le Premier ministre.

En l’état, reprend SUD, les bibliothèques « n’envisageaient qu’une réouverture très partielle avec des services adaptés ». Et de s’opposer fermement « à cette consigne irresponsable et fallacieuse ». Mettre en balance le service public et la santé des usagers, autant que celle des personnels n’est pas acceptable : « En l’état actuel du risque pandémique non maîtrisé, nous revendiquons le maintien de la fermeture aux publics des bibliothèques et médiathèques en France », note leur communiqué. 

Et de lister l’ensemble des mesures à instaurer avant toute remise en place des services de prêts ou consultation de documents : 

• aucune reprise de travail sans que les mesures de sécurité sanitaire soient mises en place, telles que des tests systématiques et répétés ;

• la mise à disposition de gants, de masques, de gel hydroalcoolique, de produits nettoyants pour les ouvrages, documents et matériels... en quantité suffisante ;

• aucune réouverture des bâtiments au public dans l’immédiat, mais plutôt la proposition d’autres services permettant l’accès aux collections, sans contact direct avec les usagers ;

• des projets de réouverture à construire en concertation avec les équipes concernées en impliquant systématiquement tous les agents et leurs représentants ;

• et par conséquent la mobilisation des instances représentatives du personnel, tels les CHSCT et CT, pour l’élaboration et le suivi des plans de reprise d’activité ;

• les aménagements nécessaires à la mise en place des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale ; 
la garantie de la sécurité sanitaire des agents dans le traitement de la chaîne du livre et leur activité quotidienne ; 
la mise en œuvre des plannings de rotation des agents pour tenir compte de l’augmentation de la fatigue liée au surcroît de vigilance ;
 
• faute de mieux, de privilégier le travail à distance avec le matériel adéquat ou de maintenir les agents en ASA en cas de fragilité ou de garde d’enfants ;

• une reprise progressive qui ne doit concerner que le nombre d’agents strictement nécessaire au fonctionnement des services proposés ;

• aucune augmentation des horaires de travail des personnels ni aucun élargissement des horaires d’accès à la bibliothèque ;

• des aménagements qui permettent aux agents de se rendre sur leur lieu de travail dans les conditions de sécurité maximum ;

• des droits identiques, que ce soit en matière de protection de la santé ou de rémunération, pour tous les agents mobilisés, titulaires, contractuels et vacataires ;

• une vigilance particulière des collectivités sur les conditions de travail des intervenants extérieurs, en conformité à la situation actuelle.


Le droit de retrait sera exercé si les conditions ne sont pas réunies, et des préavis de grève sont d’ores et déjà déposés pour faire face, et s’assurer que les équipes soient entendues. SUD poursuit : « Dans un contexte de reprise de l’activité alors que la pandémie est loin d’être terminée, la réouverture des bibliothèques et autres lieux culturels, encouragée par Édouard Philippe est totalement irréaliste et irresponsable. »

L’urgence manifestée par le gouvernement à vouloir rouvrir les bibliothèques « coûte que coûte », devient ainsi incompréhensible. Le syndicat conclut : « Cela ne peut se faire ni au prix de la santé des agents et des usager.es, ni pour redorer l’image de quelques politiques et élus, ni par excès d’autoritarisme ! Leur urgence n’est pas la nôtre ! »


Commentaires
Formidable ! Personne n'avait jamais envisagé que le confinement finirait un jour, que les usagers retrouveraient les bibliothèques ! Bien sûr, on attendait que les consignes viennent d'en haut et quand elles viennent, on hurle à l'autoritarisme.. C'est poignant, cette mauvaise foi ! Là-dessus, vous nous remettrez bien une petite grève - attention, là, vous risqueriez ne n'être plus payés ! Alors, un droit de retrait ? Vous l'aviez deviné ? Mon âme de bibliothécaire, militant de la lecture publique, bout de colère à lire de telles âneries...
Je suis bien d'accord avec vous ! J'ai une amie intendante dans un collège, ça fait des semaines qu'elle prépare la rentrée avec ses équipes, ils ont même chroométré le temps pour nettoyer et désinfecter une classe.

Là, on sent nettement que le personnel était démobilisé, aucune anticipation. J'ai un peu honte, au nom de mon papy qui était un militant du rôle social des bibliothèques...
Il ne me semble pas que le gouvernement veuille rouvrir les bibliothèques « coûte que coûte ». Il a juste dit qu'elle peuvent rouvrir...
En réponse à Mikaël, c'est pourtant ce que les lecteurs ont entendu...EUX!! Et c'est aussi ce que beaucoup de tutelles vont faire malheureusement. Rouvrir les portes des structures, en mettant au mieux du gel à l'entrée et des masques et Basta...advienne que pourra...
La plupart de mes collègues trouvent que la lecture publique est essentielle mais ils reprochent aux élus de vouloir que ce service reprenne le plus rapidement... Je rejoins Gipeo sur l'aspect "Mauvaise fois" de beaucoup de mes collègues... Les conditions ne sont pas réunies ? C'est trop tôt ? Il faut plus de temps pour préparer la réouverture ? Allons, soyons cohérents et honnêtes : cela fait maintenant 7 ou 8 semaines que les bibliothèques sont fermées. Sans accueil de publics et sans activités jusqu'à la rentrée, je pense que chaque établissement a largement eu le temps de préparer la reprise en élaborant plusieurs scénarii. Si ce n'est pas le cas, c'est dommage mais ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-même...
Tout-à-fait d'accord ! Le 11 mai n'est pas le lendemain du 17 mars 😂
Deux choses : il n'y a jamais eu de consigne d'ouverture "coûte que coûte". Affirmer cela est un détournement fallacieux du "quoi qu'il en coûte" invitant au contraire au respect strict des consignes sanitaires.

D'autre part organiser une reprise contrôlée des bibliothèques, c'est tout à fait possible, en limitant le nombre des entrées, de doter personnel et usagers de masques, de désinfecter les documents rentrant(ce que certaines bibliothèques font sans attendre le Covid19, etc.

Les bibliothèques sont indispensables à la vie citoyenne d'un pays. Tout doit être fait, et d'abord par les bibliothécaires eux-mêmes, pour que ce service public reprenne, dans des conditions sanitaires à définir entre professionnels et collectivités, mais reprenne au plus vite !
Je n'en attendais pas moins de SUD. Grève, droit de retrait, jamais à court d'idées pour s’arrêter de travailler mais quand il s'agit de reprendre, on ne se bouscule pas...le travail des caissières de supermarché, c'est possible mais pas des bibliothécaires quand même...Depuis le 13 mars, vous n'allez pas me dire que personne, ni direction, ni employés, ni syndicats n'ont réfléchi une seconde à la réouverture, histoire d'être prêts à temps. A moins que vous comptiez rester confiné jusqu'à la retraite ? Des informations de la part de la Mairie de paris seraient désormais bienvenues également.
Alors je ne suis ni syndiquée ni gréviste.Mais le message ne s'adressait peut être pas à moi! Et ne vous inquiétez pas, j'a eu effectivement la possibilité de télétravailler et de prévoir un service pour le public. Je vous invite juste cordialement à prendre les réalités de terrain des petites et moyennes communes (et oui tout ne se résume pas à Paris). Tout le monde ne bénéficie pas d'une équipe...tout le monde n'a pas une mairie qui a déjà des masques, installés des plexis (comme pour les caissières). Les lecteurs veulent une reprise oui ! mais ils souhaitent aussi être assurés que les mesures sanitaires seront prises. Maintenant dans les mêmes réalités de terrain, sachez qu'en tant que fonctionnaire nous sommes aussi appelé à nous occuper de groupes dans le cadre de l'ouverture des classes, et parfois au nettoyage des locaux, en même temps que notre travail de bibliothécaire.
On nous sucre la cinquième semaine de congés payés alors qu'on a continué par télétravail.

On nous fait du chantage à la prime et au RI.

Si en plus c'est pour se taper les no life qui comprennent pas qu'il n'est pas condition que d'un virus, mais des conditions de travail et de destructions de nos conquêtes sociales, qu'on était déjà pour certains en grève contre la reforme des retraites et qu'on bosse par pour la gloire mais pour payer des factures même si on aime notre métier... Bah c'est clair que l'ouverture va pas être un chemin tranquille.

Allez Gipeo profite de ta retraite et mets bien ton masque.

Et au fait grève des loyers !!
J'aimerais bien savoir comment on fait du télétravail en bibliothèque quand on n'accueille pas les usagers et qu'on n'a pas de contact avec les livres ! Sérieux, expliquez-moi.
Venez faire un stage dans une médiathèque, on vous expliquera ! Vous avez une vision bien à jour du métier à ce que je lis. Notre travail ne se limite pas à l'accueil des lecteurs...ou plus complet il y a même des études pour cela. Un DUT par exemple ?
Je n'ai pas parlé que de l'accueil, c'est facile de caricaturer.

Et vous n'avez pas répondu à ma question : que faites-vous en télétravail ? Je suis vraiment désireuse d'apprendre.
Bonjour Marthe. En toute cordialité, je suis bibliothécaire et je vous explique un peu notre télétravail : sélectionner des ressources numériques accessibles et en informer les usagers, traiter (couvrir, cataloguer…) les documents achetés récemment, passer les commandes suivantes de documents et de fournitures, faire les déclarations annuelles obligatoires de nos achats (pour le paiement du droit de prêt), suivre les marchés publics en cours ou préparer les suivants, remplir les bilans annuels obligatoires, faire les demandes de subventions pour les projets concernés, préparer les futures animations, anticiper la future réouverture en préparant plusieurs scénarii possibles, répondre à des demandes de réservations par téléphone et mail pour ensuite livrer les lecteurs à domicile ou en drive (pour les bibliothèques qui l'ont mis en place). Je connais également des collègues qui se filment en lisant des albums pour les enfants et mettent les vidéos en ligne, ou qui font la lecture par téléphone à des personnes âgées. J'oublie sans doute d'autres choses, avec tout ça on est déjà bien occupés… Hé hé, oui, bibliothécaire c'est un métier avec une grande partie de travail interne, invisible du public ! smile grin Et quand un bibliothécaire aime son métier, il trouve toujours de quoi s'occuper ! Passez une bonne journée.
Je réponds à la place de Bloup qui visiblement n'a pas de réponse... De la com', la prépa de la saison prochaine, de la veille documentaire, du developpement de projet, de la recherche de ressources numériques pour les lecteurs, des réunions Zoom et la préparation du déconfinement...

Le télétravail a cependant rapidement trouvé ses limites ! Sans public, animation, fournisseurs (les librairies étaient fermées), mon temps plein présentiel s'est vite transformé en mi-temps de télétravail. Et je défie n'importe quel bibliothécaire d'affirmer avoir fait autant d'heures en télétravail qu'en présentiel. Je n'ai donc aucun problème à travailler un peu plus pour la reprise et les lecteurs impatients à juste titre !

Et Macron, je m'en fout ! Il n'a rien à voir la dedans !
Mme‌ ‌Marthe,‌ ‌je‌ ‌vais‌ ‌prendre‌ ‌quelques‌ ‌minutes‌ ‌pour‌ ‌vous‌ ‌expliquer....Puisque‌ ‌vous‌ ‌avez‌ ‌l’air‌ ‌de‌ ‌sérieusement‌ ‌vous‌ ‌interroger…‌ ‌

Responsable‌ ‌d’un‌ ‌service‌ ‌Culture‌ ‌et‌ ‌Médiathèque‌ ‌dans‌ ‌une‌ ‌commune‌ ‌de‌ ‌3000‌ ‌habitants.‌ ‌

Mise‌ ‌en‌ ‌télétravail‌ ‌à‌ ‌partir‌ ‌du‌ ‌14‌ ‌mars.‌ ‌

J’ai‌ ‌d’abord‌ ‌terminé‌ ‌mon‌ ‌rapport‌ ‌d’activité‌ ‌(pas‌ ‌les‌ ‌statistiques…‌ ‌c’était‌ ‌déjà‌ ‌fait,‌ ‌mais‌ ‌le‌ ‌rapport‌ ‌d’une‌ ‌vingtaine‌ ‌de‌ ‌pages‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌rédige‌ ‌chaque‌ ‌année).‌ ‌J’ai‌ ‌fait‌ ‌également‌ ‌ma‌ ‌proposition‌ ‌de‌ ‌budget‌ ‌(6‌ ‌pages).‌ ‌j’ai‌ ‌ensuite‌ ‌procédé‌ ‌à‌ ‌toutes‌ ‌les‌ ‌annulations‌ ‌pour‌ ‌notre‌ ‌programmation‌ ‌culturelle‌ ‌jusqu’à ‌septembre (échange de mails, modification de tous nos agendas en ligne)...‌ ‌et‌ ‌d’autres‌ ‌petites‌ ‌choses‌ ‌que‌ ‌j’ai‌ ‌oublié...‌ ‌(communication, réponses aux mails, contact avec les fournisseurs pour les commandes en cours, et j'en passe...)



Ça‌ ‌c’était‌ ‌jusqu’au‌ ‌18‌ ‌mars.‌ ‌Ensuite,‌ ‌à‌ ‌partir‌ ‌de‌ ‌cette‌ ‌date,‌ ‌j’ai‌ ‌commencé‌ ‌une‌ ‌newsletter‌ ‌QUOTIDIENNE‌ ‌(elle‌ ‌ne‌ ‌s’est‌ ‌arrêtée‌ ‌qu’un‌ ‌seul‌ ‌jour,‌ ‌le‌ ‌1ᵉʳ‌ ‌mai)‌ ‌

Dans‌ ‌cette‌ ‌newsletter,‌ ‌je‌ ‌donnais‌ ‌chaque‌ ‌jour‌ ‌4‌ ‌ou‌ ‌5‌ ‌activités‌ ‌pour‌ ‌adultes,‌ ‌4‌ ‌ou‌ ‌5‌ ‌pour‌ ‌enfants.‌ ‌TOUTES‌ ‌vérifiées‌ ‌(qualité,‌ ‌pas‌ ‌de‌ ‌truc‌ ‌commerciaux,‌ ‌pas‌ ‌de‌ ‌trucs‌ ‌qui‌ ‌demandent‌ ‌de‌ ‌s’inscrire,‌ ‌gratuité‌ ‌etc.)‌ ‌

En‌ ‌veillant‌ ‌bien‌ ‌à‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌les‌ ‌propositions‌ ‌varient chaque jour‌ ‌et‌ ‌proposent‌ ‌un‌ ‌ensemble‌ ‌varié‌ ‌pour‌ ‌tous‌ ‌les‌ ‌goûts‌ ‌(ça‌ ‌vous‌ ‌semble‌ ‌peut-être‌ ‌rien…‌ ‌je‌ ‌peux‌ ‌vous‌ ‌dire‌ ‌que‌ ‌même‌ ‌pour‌ une‌ ‌geek‌ ‌comme‌ ‌moi,‌ ‌c’est‌ ‌minimum‌ ‌2‌ ‌jours‌ ‌entiers‌ ‌de‌ ‌boulot‌ ‌pour‌ ‌une‌ ‌semaine‌ ‌complète‌ de‌ ‌newsletters.‌ ‌et,‌ ‌j’ai‌ ‌bien‌ ‌dit‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌suis‌ ‌geek,‌ ‌j’ai‌ ‌un‌ ‌très‌ ‌bon‌ ‌ordi‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌maison,‌ ‌la‌ ‌fibre,‌ ‌et‌ ‌je suis‌ ‌super‌ ‌à‌ ‌l’aise‌ ‌avec‌ ‌un‌ ‌clavier‌ ‌entre‌ ‌les‌ ‌mains-‌ ‌2‌ ‌jours‌ ‌de‌ ‌boulot‌ ‌sans‌ ‌compter‌ ‌le‌ ‌partage‌ !).‌ ‌ ‌

Chaque‌ ‌newsletter‌ ‌a‌ ‌été‌ ‌envoyée‌ ‌par‌ ‌mail‌ ‌chaque‌ ‌matin‌ ‌à‌ ‌350‌ ‌personnes‌ ‌environ…‌ ‌mais‌ ‌

pas‌ ‌en‌ ‌une‌ ‌fois…‌ ‌ça‌ ‌aurait‌ ‌été‌ ‌très‌ ‌facile.‌ ‌Notre‌ ‌messagerie‌ ‌n’étant‌ ‌pas‌ ‌performante,‌ ‌les‌ envois‌ ‌devaient‌ ‌se‌ ‌faire‌ ‌par‌ ‌petits‌ ‌groupes…‌ ‌Ensuite‌ ‌poster‌ ‌les‌ ‌mêmes‌ ‌infos‌ ‌(en‌ ‌HTML,‌ ‌sinon‌ ‌c’est‌ ‌trop‌ ‌facile,‌ ‌c’est‌ ‌pas‌ ‌marrant‌ ‌!)‌ ‌sur‌ ‌le‌ ‌site‌ ‌de‌ ‌ma‌ ‌commune.‌ ‌ ‌

Ensuite‌ ‌poster‌ ‌sur‌ ‌notre‌ ‌page‌ ‌Facebook‌ ‌et‌ ‌notre‌ ‌compte‌ ‌Twitter.‌ ‌



J’ai‌ ‌commencé‌ ‌à‌ ‌recevoir‌ ‌des‌ ‌mails‌ ‌de‌ ‌nos‌ ‌lecteurs,‌ ‌me‌ ‌remerciant‌ ‌et‌ ‌me‌ ‌disant‌ ‌à‌ ‌quel‌ ‌point‌ ‌cette‌ ‌lettre‌ ‌quotidienne‌ ‌était‌ ‌devenue‌ ‌importante‌ ‌pour‌ ‌eux, qu'ils la partageaient avec leurs proches, leurs réseaux etc…‌ ‌Cette newsletter est rapidement devenue un buzz... j'ai donc ouvert un formulaire d'inscription au cas où de nouvelles personnes voulaient la recevoir. J'ai également écris un par un, aux adhérents que je n'avais pas dans mon listing "Mailing" pour le leur proposer aussi.

J’ai‌ ‌donc‌ ‌décidé‌ ‌de‌ ‌ne‌ ‌pas‌ ‌m’arrêter‌ ‌le‌ ‌week-end‌ ‌ni‌ ‌les‌ ‌jours‌ ‌fériés‌ ‌(après‌ ‌tous‌ ‌ils‌ ‌étaient‌ ‌encore‌ ‌confinés‌ ‌pendant‌ ‌ces‌ ‌jours‌ ‌aussi.)‌ ‌



J’ai‌ ‌également‌ ‌réalisé,‌ ‌mis‌ ‌en‌ ‌page‌ ‌sur‌ ‌photoshop‌ ‌et‌ ‌publié,‌ ‌un‌ ‌journal‌ ‌des‌ ‌enfants‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌sollicité‌ ‌ma‌ ‌petite‌ ‌équipe‌ ‌d’enfants‌ ‌de‌ ‌l’atelier‌ ‌que‌ ‌j’anime‌ ‌pendant‌ ‌l’année‌ ‌scolaire.(des‌ ‌heures‌ ‌de‌ ‌boulot…‌ ‌la‌ ‌nuit,‌ ‌le‌ ‌jour,‌ ‌le‌ ‌week-end…)‌ ‌



J’ai‌ ‌également‌ ‌organisé‌ ‌un‌ ‌carnaval‌ ‌virtuel,‌ ‌puisque‌ ‌le‌ ‌nôtre‌ ‌avait‌ ‌dû‌ ‌être‌ ‌annulé‌ ‌à‌ ‌cause‌ ‌du‌ ‌confinement‌ ‌!‌ ‌

3‌ ‌jours‌ ‌entiers‌ ‌à‌ ‌15‌ ‌heures/‌ ‌jours‌ ‌pour‌ ‌tout‌ ‌monter…‌ ‌



J’ai créé quelques petites animations en ligne (comme des cadavres exquis).

J’ai‌ ‌ensuite‌ ‌(pendant‌ ‌que‌ ‌la‌ ‌newsletter‌ ‌continuait‌ ‌7/7‌ ‌bien‌ ‌sûr)‌ ‌élaboré‌ ‌mon‌ ‌plan‌ ‌de‌ ‌déconfinement,‌ ‌réglé‌ ‌les‌ ‌horaires‌ ‌de‌ ‌travail‌ ‌de‌ ‌l’équipe,‌ ‌les‌ ‌fiches‌ ‌de‌ ‌procédure‌ ‌etc.,‌ ‌bien‌ ‌sur‌ ‌avec‌ ‌des‌ ‌échanges‌ ‌aller-retour‌ ‌avec‌ ‌ma‌ ‌DGS. ‌



J'ai‌ ‌en‌ ‌plus‌ ‌assisté‌ ‌à‌ ‌une‌ ‌formation‌ ‌en‌ ‌visio,‌ ‌suivi‌ ‌un‌ ‌webséminaire‌ ‌(hebdomadaire‌ ‌au‌ ‌début,‌ ‌puis‌ ‌bimensuel),‌ ‌des‌ ‌réunions‌ ‌en‌ ‌visio‌ ‌avec‌ ‌notre‌ ‌service‌ ‌commun‌ ‌toutes‌ ‌les‌ ‌semaines…‌ ‌etc‌ ‌

Sans‌ ‌compter‌ ‌lire‌ ‌les‌ ‌articles‌ ‌professionnels‌ ‌sur‌ ‌la‌ ‌situation‌ ‌pour‌ ‌les‌ ‌bibs‌ ‌etc.‌ ‌



Au‌ ‌final…‌ ‌je‌ ‌ne‌ ‌compte‌ ‌bien‌ ‌sur‌ ‌pas‌ ‌les‌ ‌heures‌ ‌sup.‌ ‌

Et‌ ‌encore,‌ ‌j’avais‌ ‌prévu‌ ‌de‌ ‌terminer‌ ‌la‌ ‌rédaction‌ ‌de‌ ‌quelques‌ ‌projets,‌ ‌et‌ ‌de‌ ‌boucler‌ ‌ma‌ ‌programmation‌ ‌d’automne‌ ‌et‌ ‌je‌ ‌n’en‌ ‌ai‌ ‌pas‌ ‌encore‌ ‌eu‌ ‌le‌ ‌temps.‌ ‌ ‌



Nous‌ ‌avons‌ ‌repris‌ ‌sur‌ ‌site‌ ‌hier‌ ‌pour‌ ‌préparer‌ ‌le‌ ‌drive‌ ‌qui‌ ‌démarre‌ ‌la‌ ‌semaine‌ ‌prochaine et ‌je‌ ‌n’ai‌ toujours ‌pas‌ ‌eu‌ ‌de‌ ‌week‌ ‌end‌ ‌depuis‌ ‌celui‌ ‌du‌ ‌14‌ ‌mars‌ ‌!‌ ‌

Je‌ ‌vis‌ ‌seule,‌ ‌donc‌ ‌vous‌ ‌penserez‌ ‌peut-être‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌n’ai‌ ‌que‌ ‌ça‌ ‌à‌ ‌faire,‌ ‌après‌ ‌tout.‌ ‌



Je‌ ‌finis‌ ‌donc‌ ‌ce‌ ‌confinement‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌limite‌ ‌d’un‌ ‌burn-out.‌ ‌ ‌

Et‌ ‌chaque‌ ‌fois‌ ‌que‌ ‌j’ouvre‌ ‌un‌ ‌article‌ ‌d'ActuaLitté‌ ‌sur‌ ‌les‌ ‌bibs,‌ ‌je‌ ‌trouve‌ ‌des‌ ‌gens‌ ‌comme‌ ‌vous‌ ‌ou‌ ‌gipeo…‌ ‌



Et‌ ‌ça‌ ‌me‌ ‌fatigue‌ ‌encore‌ ‌plus…‌ ‌



Je‌ ‌trouve‌ ‌les‌ ‌commentaires‌ ‌de‌ ‌ce‌ ‌Gipeo‌ ‌ou‌ ‌le‌ ‌votre‌ ‌sur‌ ‌cette‌ ‌page,‌ ‌tellement‌ ‌insultants…‌ ‌méprisants…‌ ‌et‌ ‌tellement‌ ‌hors‌ ‌de‌ ‌propos…‌ ‌

Mais‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌console…‌ ‌au‌ ‌final,‌ ‌ils‌ ‌ne‌ ‌décrédibilisent‌ ‌que‌ ‌vous-même...‌ ‌



Pour‌ ‌finir…‌ ‌j’ajouterais, juste‌ ‌pour‌ ‌la‌ ‌petite‌ ‌histoire…qu’avec‌ ‌l’annulation‌ ‌forcée‌ ‌de‌ ‌notre‌ ‌programmation,‌ ‌les‌ ‌heures‌ ‌sups‌ ‌prévues‌ ‌n’ont‌ ‌évidemment‌ ‌pas‌ ‌pu‌ se‌ ‌faire et ne seront donc pas payée (c'est normal)…‌ et pourtant,‌ ‌j’en‌ ‌ai‌ ‌fait‌ ‌tellement‌ ‌plus‌ ‌d’heures‌ ‌sups‌ ‌!…qui‌ ‌ne‌ ‌seront‌ ‌jamais‌ ‌reconnues,‌ ‌jamais‌ ‌payées, puisqu’en télétravail…‌ ‌



Et‌ ‌comme apparemment, je fais partie de ces ‌"branleurs,‌ ‌râleurs,‌ ‌pas‌ ‌foutus‌ ‌de‌ ‌rien‌ ‌faire‌ ‌de‌ ‌leur‌ ‌vie‌ ‌!‌ ‌"‌ ‌comme‌ ‌le‌ ‌dit‌ ‌quelqu’un ‌dans‌ ‌un‌ ‌commentaire‌ ‌plus‌ ‌bas… ben ‌je‌ ‌me fous de votre avis.…‌ ‌

J’ai‌ ‌reçu‌ ‌tellement‌ ‌de‌ ‌mails‌ ‌de‌ ‌notre‌ ‌public‌ ‌pour‌ ‌dire‌ ‌merci…‌ ‌et‌ ‌même‌ ‌de‌ ‌mes‌ ‌élus…‌ ‌que‌ ‌l’avis‌ ‌de‌ ‌personnes‌ ‌comme‌ ‌vous‌ ‌ne‌ ‌compte‌ ‌pas‌ ‌…‌Ceci dit, permettez moi d’éprouver un délicieux sentiment de joie (et sans doute de soulagement) de ne pas vous compter parmi nos adhérents.



Voilà…‌ ‌Madame‌ ‌Marthe…‌ ‌maintenant‌ ‌vous‌ ‌SAVEZ‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌peut‌ ‌faire‌ ‌une‌ ‌bibliothécaire‌ ‌en‌ ‌

télétravail…‌ ‌ ‌

Plus la peine de vous poser la question. Vous avez votre réponse.

Pas la peine de dire merci, c’est offert avec générosité. Je suis toujours contente d’aider quelqu’un dès que je le peux !
Je vous remercie pour le temps consacré à me répondre, c'est très intéressant. Je regrette juste d'être considérée comme une "ennemie". N'agressez pas des inconnus, vous ne savez pas ce qu'ils vivent.
Merci Gipéo !

Marre de tous ces branleurs, râleurs, pas foutus de rien faire de leur vie ! Toujours à gueuler contre une injustice ! ça relève de la psychiatrie à ce niveau de mauvaise foi et de passion triste !

C'est aussi leur manière de défendre le service public et sa continuité !

Vive Macron !
A la fin, le loup sort du bois (montre ses crocs, fait mine de mordre). Nous étions bien abusés (aurait dit Blaise Pascal), il n'était pas question dans ce tract de virus, mais de la réforme des retraites, du nombre de semaines de congés payés (5, vraiment ?), du télé-travail abusif..hé bien, dites pourquoi vous vous battez, ne cherchez pas un prétexte ! Et, comme cette personne avec qui je n'ai pas gardé les cochons et donc n'a aucun titre à me tutoyer, m'invite à profiter de ma retraite, je le rassure : comme élu local et comme responsable d'une association culturelle en milieu difficile, j'avoue que j'en profite pleinement ! Bonne journée !
Si nos conditions de travail sont si exceptionnelles venez passer 15 jours à travailler bénévolement dans la bibliothèque de votre commune.
Mr gipeo sort du bois élu local donc je possède tous les droits sur les fonctionnaires. contre toutes les conquêtes sociales aussi dont il a lui aussi bénéficié en son temps. Bref une belle mentalité
N'importe quoi ! Un troll sûrement...
Ouvrir oui, mais pas à n'importe quel prix ni n'importe comment !



À ceux qui crient tout de suite au bibliothécaire fainéant, sans doute êtes vous loin de connaître la réalité actuelle de ce métier. Quand on travaille dans une structure située dans une grande ville et qui accueille plus de 5000 usagers par jour, ou au contraire qu'on gère une petite bibliothèque qui ne repose que sur des bénévoles dont la moyenne d'âge les situe dans la catégorie personne à risque pour le covid-19, une réouverture en période d'épidémie ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. Car le risque en cas d'ouverture mal ou pas réfléchie ne sera pas seulement pour les personnels de ces établissements, mais aussi pour vous, vos parents ou vos enfants. L'idée est donc de faire en sorte de garantir l'accès aux documents sans transformer les bibliothèques en clusters épidémiques. Et la tâche n'est pas simple car en bibliothèque, tout le monde touche tout: livres, ordis, jouets, consoles, étagères, revues et quotidiens etc.

Désinfecter les livres au retour pour éviter les contaminations croisées ? Saviez-vous que si les couvertures plastique sont nettoyables, ce n'est pas le cas du papier ? On nous recommande donc de stocker les retours dans des salles à part qui soient isolées des espaces publiques et des bureaux pour une durée de dix jours avant de les réintégrer aux collections. Encore faut-il l'avoir cet espace de stockage...

On nous demande aussi d'aérer les salles en grand toutes les trois heures mais bon nombre de bibliothèques ont des fenêtres qui ne s'ouvrent pas pour des raisons de sécurité incendie et reposent donc sur des systèmes de ventilation par recyclage d'air qui posent problème face à un virus comme celui-ci. Bref, ce n'est pas aussi simple que certains voudraient bien le croire, d'autant que les directives ministérielles pour la réouverture des bibliothèques ne sont tombées que le 7 mai (https://www.culture.gouv.fr/Regions/Dac-de-La-Reunion/Aides-et-demarches2/COVID19) ce qui laisse peu de temps pour recevoir les plexi, masques, gants, blouses gels et sprays virucides adaptés aux différentes surfaces qu'on nous demande d'avoir et dont les commandes vont devoir être validées en mairie.



En attendant de pouvoir retrouver nos lecteurs en toute sécurité, de nombreuses bibliothèques ont développé une offre numérique impressionnante pour permettre l'accès à la culture pendant le confinement, et un système de drive se met en place un peu partout en France au premier jour du déconfinement. Comme quoi, oui au même titre que les personnels des écoles ou celui des crèches, nous avons bel et bien réfléchi en amont à ce déconfinement et travaillé dessus.



Et pour ceux que cela étonne, oui un bibliothécaire peut faire plein de chose en télétravail. Traiter ses commandes et les cataloguer, préparer ses accueils de classe, travailler sur la programmation culturelle de son établissement (expos, concerts, projections, rencontres, conférences et gérer les factures et contrats qui vont avec tout ça), préparer ou coordonner un festival littéraire, rédiger des articles pour des webzines ou revues culturelles, participer à des podcasts, bosser sur les cours d'informatique/de FLE/d'aide pour le baccalauréat qu'il dispense dans sa bibliothèque, animer des cercles des lecteurs en version visioconférence, rédiger des critiques et bien sûr répondre aux questions des lecteurs sur des plateformes comme Eurêquoi ou le Guichet du Savoir.

Le bibliothécaire ce n'est pas juste une personne qui passe en retour ou en prêt des documents, ou alors vous êtes coincés dans une bibliothèque des années 70.
Merci, c'est très intéressant. Vous énumérez des tâches de bibliothécaire, mais les agents qu'on voyait à l'accueil, enregistrer les prêts et les retours, puis ranger les documents dans les rayons, pendant la majorité de leur temps de travail, ils ont fait quoi pendant le confinement ?

Merci de ne pas politiser votre réponse, je veux juste des faits.
Bonjour. Dans beaucoup de bibliothèques (la plupart en fait), bibliothécaires responsables ou "simples agents" (je n'aime pas ce terme, mais bon…) se relaient pour assurer le service public (accueil, rangement…) et le travail interne de toute sorte (vous imaginez la vie d'un agent qui ne ferait que du rangement à la bibliothèque et rien d'autre ? vraiment pas motivant !). Bien sûr en fonction du poste occupé nous n'avons pas le même travail ni les mêmes responsabilités. Par exemple pour le télétravail, un responsable de secteur va plus travailler sur les rapports, la préparation des commandes, etc., alors qu'un agent va pouvoir chez lui couvrir des livres, enregistrer des revues, etc. Bien sûr, je ne vous dis pas que partout, tous les agents et même tous les responsables de secteurs ont fait un temps plein de télétravail, il y en a aussi qui n'ont rien fait du tout, mais ça c'est au quotidien qu'on le constate en bibliothèque (je parle des municipales, je ne sais pas pour les universitaires) : il y a des gens motivés qui ont choisi ce métier, d'autres qui y sont arrivés par hasard et qui se sont investis, mais aussi certaines personnes qui ont profité d'une opportunité et qui se trouvent très bien là, sans aucune envie de s'investir ni de se professionnaliser. Hélas c'est une réalité qu'on ne peut pas nier. Mais dans l'ensemble, les bibliothécaires qui ont leur métier à cœur font vraiment de leur mieux, et croyez moi on souffre beaucoup de la situation (on a choisi ce métier pour satisfaire un public, qu'on fait de notre mieux pour toucher le plus largement possible, alors quand il ne peut pas venir, vous imaginez !). Et préparer les nouveaux services à distance, une façon de travailler totalement inédite pour nous, ça en a empêché beaucoup de dormir. Et on les aime nos lecteurs, oh que oui ! grin
Beaucoup de bibliothécaires_qui_rangent ont travaillé aux plates-formes téléphoniques des CCAS, travaillé aux distributions alimentaires...

Dans certaines communes à partir du 11 mai les bibliothécaires_qui_rangent sont requis pour l'accueil des enfants.

Les bibliothécaires_qui_rangent n'ont pas bayé aux corneilles.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.