L'éditeur refuse des livres qui ne feront pas 100.000 $ de recettes

Clément Solym - 15.07.2015

Edition - International - Penguin Random House - réussite livre - littérature romans


Chez Penguin Random House Canada, la direction n’y va plus avec le dos de la cuillère : désormais, un bon livre est un ouvrage qui générera 100.000 $ de recettes. La dernière déclaration de Brad Martin pourrait bien lui coûter cher – certains parlent d’ailleurs de son poste...

 

Money Dollar

401(K)_2012, CC BY 2.0

 

 

« Je ne suis pas intéressé par un livre qui va générer moins de 100.000 $ de recettes, à moins que l’éditeur ou le publisher ait une vision convaincante pour le livre et/ou l’auteur », a récemment claqué Brad. On pourrait presque résumer par : du fric avant toute chose, le reste, c’est de la littérature.

 

« Si la personne qui défend le livre dans le cadre de la réunion des acquisitions n’a pas un point de vue convaincant sur ce titre, et qu’il essaie juste de meubler, alors je ne m’y intéresserais pas. »

 

La déclaration, intervenue ce 26 juin, n’a pas manqué de faire sourire les internautes canadiens, qui depuis s’en donnent à cœur joie. On balance entre l’ire et la joie en découvrant qu’un éditeur est en mesure d’avoir ce type de revendications – tout en se demandant quel type d’ouvrage est réellement en mesure de peser aussi lourdement dans un catalogue. 

 

Cependant, ce qui n’est pas encore très clair, c’est de savoir si les 100.000 $ sont ce que l’éditeur empoche avoir après tout réglé, ou si ce sont simplement les résultats des ventes. Parce que, dans le second cas, et même si la période est difficile, cela représente entre 7 et 10.000 exemplaires à écouler – pas vraiment une catastrophe nucléaire.

 

Bien entendu, au Canada, les tirages sont moins importants qu’aux États-Unis, et 7000 exemplaires vendus représentent un joli tour de force, mais le patron a parlé, et, maintenant, il faut s’y plier. Mais après tout, PRH représente le plus importante groupe littéraire au monde... (via Globe and Mail)