La Revue Littéraire, ou comment promouvoir l'artiste

Clément Solym - 19.08.2010

Edition - Les maisons - nouvelle - Gallimard - lecture


L’idée est de renouer avec la Nouvelle Revue Française post Seconde Guerre mondiale. Défendre, promouvoir l’artiste à la place du critique littéraire. Sans esprit critique, on obtient pourtant la pub, voir la propagande, mais n’anticipons pas.

Les éditions Léo Scheer : « Parce qu'elle est le dernier bastion où se joue la vitalité de l'imaginaire, (la littérature) devient l'ultime territoire où ce qui pouvait encore avoir un sens dans le combat idéologique, politique ou philosophique, s'est retranché. La Revue littéraire des éditions Léo Scheer entend ouvrir ce territoire ». Voila par exemple un mobile fort louable.

Quand sort le premier numéro, en Octobre 2004, la revue est tirée à 1000 exemplaires. Elle rappelle fortement la NRF : même format, même typographie rouge. Du coup, Gallimard, propriétaire de la NNRF (après la guerre, la revue fut rebaptisée La Nouvelle Nouvelle Revue Française, dans le but de faire oublier sa « sympathie » envers l’occupant sous Drieux la Rochelle) voit rouge. Antoine du même nom intente un près à Scheer pour concurrence déloyale, avant de laisser tomber.

 


 


Ce n’est pas le seul ennemi de la revue. Celle-ci se dresse ouvertement en opposition à la revue de Phillippe Solers, L’Infini. La première publication se distingue par sa radicalité, après un tel boucan avaient-ils le choix ?

Par la suite, La Revue Littéraire tentera de coller à sa ligne de conduite, « l’artiste sur le devant de la scène ». Même les bloggeurs et bloggeuses ont droit à parution. Florent Georgesco, rédacteur en chef : [il faut] « être aux aguets devant toutes formes de vitalités littéraires, sans idéologie ni mode ». La Revue publie aussi nombre d’entretiens, avec Yasmina Reza ou encore Jonathan Littell. Ce mois-ci, numéro 47, La Revue se penche sur Damien Odoul, Géraldine Barbe ou encore Sybille Grimbert.

Bonne lecture.