La romance délaissée pour les romans policiers

Clément Solym - 03.02.2012

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - Royaume-Uni - emprunts


La liste des dix ouvrages les plus empruntés en bibliothèque, publiée par le Public Lending Right, est révélatrice : les lecteurs britanniques plébiscitent désormais les romans policiers.

 

Créé en 1979, le Public Lending Right rémunère les auteurs selon le nombre d'emprunts de leurs livres en bibliothèques, à un taux de 6,05 pence par prêt. Cette année, il a annoncé avoir distribué près de 6,5 millions £ à un total de 23.718 auteurs.

 

Et l'organisme publie chaque année un rapport détaillé et significatif sur les emprunts en bibliothèques.

 

Outre l'indécrottable Dan Brown qui truste la nouvelle place du classement des titres empruntés avec Le symbole perdu, c'est l'américain James Patterson qui se taille la part du lion avec pas moins de cinq ouvrages signés ou cosignés dont trois dans le top five. La deuxième place revient au britannique Lee Child avec 61 Hours, qui a expliqué cet engouement par « un désir de sûreté, de sécurité et de primauté du droit, parce qu'à la fin du roman policier, l'ordre est restauré ».

 

Euh, si on veut…

 

Le classement des auteurs pour 2010/2011 couronne logiquement James Patterson avec ses 2,3 millions d'emprunts, mais fait apparaître cinq auteurs d'ouvrages jeunesse dans ses lignes.

 

Parmi lesquels on retrouve sans surprise trois membres de la « Campaign for the book » pour la défense des bibliothèques publiques : Jacqueline Wilson, Francesca Simon et Julia Donaldson.

 

Dix années auparavant, c'est Catherine Cookson (publiée majoritairement par J'ai Lu dans les années 80) qui finissait en tête avec sa romance The Thursday Friend, empruntée 107000 fois en 2000/2001.

 

La mort de l'auteure, décédée en 1998, expliquerait pour les experts ce désamour : une explication un peu bancale, encore une fois. Pour d'autres, le 11 septembre et la crise généralisée seraient les explications à ce phénomène.

 

Le résultat le plus marquant de cette étude reste sans doute la courbe des emprunts en bibliothèque, plutôt descendante : de 375 millions en 2000, elle tombe à 300 millions en 2010/2011. Et ce n'est pas fermer des bibliothèques qui arrangera les statistiques…