La romancière Lucía Etxebarria pointe au chômage : l'ebook l'a tuer

Clément Solym - 21.12.2011

Edition - International - Lucía Etxebarria - Ecriture - Piratage


La romancière espagnole Lucía Exteberria s'insurge contre le téléchargement illégal de ses livres. Elle n'aurait d'autres choix que d'arrêter d'écrire.

 

Tout n'est pas toujours rose au pays du livre numérique. Surtout lorsqu'il s'agit de téléchargement illégal. L'écrivaine Lucía Etxebarria en a fait les frais et a annoncé publiquement sur sa page Facebook qu'elle arrêtait d'écrire. « Étant donné que le téléchargement illégal de mes livres dépassent leurs ventes, je vous annonce officiellement que je ne publierai pas d'autres livres avant un long moment ».

 

La faute aux Espagnols et au puissant lobby. Les Espagnols seraient les rois du téléchargement. « L'Espagne se place après la Chine et la Russie en nombre total de téléchargements illégaux, mais évidemment ils sont beaucoup plus nombreux ».

 

 

Un futur plus qu'incertain pour les auteurs espagnols et un gouvernement qui « a peur », pour Lucía Etxebarria, l'équation est intenable. Le premier ministre sortant Zapatero avait laissé à l'abandon un projet de loi contre le piratage. Elle ne se fait aucune illusion et n'espère rien de plus de la part du nouveau premier ministre, Mariano Rajoy.

 

Témoin de cette dégringolade, son dernier roman The Contents of Silence, publié en octobre, est beaucoup moins bien classé que ses précédents bouquins, presque tous des best-sellers. Elle avait fait le choix de ne pas le proposer en version numérique pour ne pas attiser l'appétit des pirates. Une erreur puisque le roman est de toute façon disponible en PDF sur plusieurs sites...

  

Un torrent d'insultes

 

Caprice ou réelles difficultés ? Les réactions ont fusé sur sa page Facebook après son annonce. La critique Kelly Sanchez a taclé la romancière. « La littérature n'est pas un métier à but lucratif, mais une passion. Si vous avez une vraie vocation pour l'écriture, vous n'arrêterez pas ». Les insinuations, pas toujours polies, concernant les sommes qu'elle a perçues avec le Planeta Prize et le Primavera Prize ( 800.000 euros en tout) n'ont pas manqué. Quoi qu'il en soit, Lucía semble bien décidée à tourner la page.

 

Pour mémoire, c'est également à cause de fuites de son texte sur internet que Stephenie Meyer avait décidé d'arrêter la rédaction de Midgnight Sun...