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La Russie va lutter contre le piratage du livre

Clément Solym - 29.09.2011

Edition - Société - russie - poutine - piratage


Vladimir Poutine vient de déclarer publiquement qu'il fallait lutter contre le piratage du livre qui met en danger l'industrie. Déclarations sûrement de façade pour un pays qui a accédé au numérique en piratant largement Microsoft, et n'a généralement guère de respect pour les licences. Serait-ce le traité ACTA qui pousserait la Russie à se montrer de bonne volonté ?

 

Vladimir Poutine, lors d'un congrès de l'Union russe du livre mercredi, a déclaré : « À peine publiées, les œuvres des auteurs contemporains sont immédiatement mises en ligne. Ce type de "bienfaisance intellectuelle" est une violation du droit d'auteur qui porte un coup dur à l'industrie du livre ».
 


Il a ajouté : « Personne n'envisage de freiner le progrès technique, mais il est essentiel qu'il prenne en compte la législation, y compris dans le domaine de la défense des droits de la propriété intellectuelle." »

 

Même s'il ne compte pas arrêter la vraie fausse guerre russe contre les pirates, le président Russe est quand même resté à moitié pragmatique : « À présent, aucun pays n'a réussi à vaincre le cyber-piratage ». Une commission est lancée pour élaborer des solutions de lutte.


Une lutte unimanimement illusoire ?

M. Poutine ne fera sûrement pas l'unanimité en Russe. Même la rédactrice en chef Svetlana Mironiouk de l'agence russe qui retransmet l'information, RIA Novosti, estimait avant cette déclaration que la lutte contre la contrefaçon est quelque peu illusoire à l'ère du numérique : « La solution n'est pas dans un châtiment, mais dans une recherche de modèle économiquement efficace, qui oblige les utilisateurs illégaux à y renoncer et qui convienne aussi bien aux auteurs et détenteurs de droits qu'aux utilisateurs. »

 

Mme Mironiouk, qui dirige l'équivalente russe de l'AFP, à la différence que RIA Novosti parle quatre langues de plus, n'hésitait pas à qualifier cet été le travail législatif autour de ce sujet de « tempête dans un verre d'eau ». De son expérience, ce sont des dépenses d'énergie en pure perte. Il vaut mieux faciliter les paiements et avoir une politique tarifaire agressive.

 

La position de M. Poutine sert bien sûr à rassurer ses éditeurs, mais peut aussi être mise en rapport avec la prochaine signature du traité ACTA. La Russie envisage peut-être de finir par se plier aux règles internationales sur la propriété intellectuelle qui se mettent en place.

 

L'ACTA  vise à renforcer les législations et luttes nationales contre la contrefaçon. Peu de détails des négociations ont filtré, car aussi bien le Parlement Européen que le Congrès américain en ont été exclus. Ce qui est certain est qu'il concerne aussi bien les OGMs que les médicaments ou les logiciels.


(Via RIA Novosti d'où provient l'image)