La science peut-elle aider les parents à choisir quels livres lire aux bébés ?

Clément Solym - 11.01.2018

Edition - Société - science bébé lecture - livres lecture enfant - parents science lectures


La science peut-elle aider à choisir les livres qu’il faudrait lire à ses enfants ? Question épineuse, alors qu’en France, la place que les neurosciences pourraient prendre dans le système scolaire est très discutée. Pourtant, une étude très sérieuse affirme pouvoir guider les parents dans les choix de lecture. 


Bookworm
Quinn Dombrowski, CC BY SA 2.0


 

Dans quelle mesure les moments de lectures développent-ils l’évolution cérébrale et comportementale des bébés ? De nombreuses publications évoquent ce sujet, et les chercheurs travaillent toujours à mettre en exergue les avantages que la lecture faite aux enfants procure. 

 

Cela joue tout à la fois sur la qualité des livres, et sur la quantité d’ouvrages lus : les prédispositions à l’apprentissage et la mémorisation de vocabulaire sont manifestes chez les enfants qui ont longtemps bénéficié des vertus de la lecture. De fait, jusqu’à l’âge de quatre ans, le développement est largement favorisé chez l’enfant. 

 

Mais de nouvelles recherches menées auprès de nourrissons de six mois apportent quelques réflexions supplémentaires. En effet, des livres présentant des visages ou des objets, et que les parents pointent et nomment à leur enfant, exercent une certaine fascination. Cet apprentissage dans la petite enfance a été mesuré avec une électroencéphalographie, pour évaluer les interactions cérébrales.
 

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Des capteurs posés sur le crâne de bébé étaient donc chargés de mesurer les impulsions électriques émises. Les réponses neurales aux stimulis induits par la lecture ont pu indiquer ce que les bébés savent déjà – ce qu’ils ont déjà mémorisé – et s’ils sont en mesure de différencier les objets qu’on leur montre.

 

D’autres outils technologiques ont permis de suivre le regard de bébé, pour mesurer le niveau de concentration et le temps consacré. 

 

Trois groupes ont été formés : un groupe de parent a lu des livres de contes, avec six personnages individuellement nommés, et jamais encore vus. Un autre a reçu les mêmes contes, avec les mêmes personnages, mais une présentation générique de chaque personnage était effectuée. Enfin, un troisième groupe est mis en place, avec une lecture sans spécificité.

 

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Durant trois mois d’expérimentations, les familles sont revenues avec leur bébé pour effectuer des mesures de contrôle. Les enfants exposés au livre de conte avec des personnages nommés ont manifesté une reconnaissance des protagonistes, indiquent les capteurs. Et les autres groupes n’ont évidemment pas manifesté de réaction. 

 

Tous les livres ne seraient ainsi pas égaux devant les bébés : entre 6 et 9 mois, les titres choisis devraient donc répondre à des critères propres, note l’étude. Pour cette période de développement cérébral, les ouvrages contenant des personnages expressément nommés permettent à l’enfant de mieux retenir et identifier. 

 

Pour autant, relèvent les chercheurs, les enfants sont tous différents et uniques : les parents auront à expérimenter de nombreuses lectures, pour trouver ce qui plaît, avant tout. 

 

 

A réécouter, l’entretien avec Stanislas Dehaene ce matin sur France Inter, d’ailleurs.

 

Via Washington Post




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