La SGDL demande aux éditions Le Baron perché de payer ses auteurs

Nicolas Gary - 22.01.2016

Edition - Justice - Baron perché - SGDL auteurs - commandement payer


Rachetées voilà plus d’un an par le groupe Révolution 9, les éditions Le Baron perché ont reçu cette semaine un commandement de payer, expédié par la Société des Gens de Lettres et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. En cause, le non-règlement de droits de plusieurs auteurs, sur l’année 2014. La sommation par huissier concerne aujourd’hui 18 personnes, pour un montant de 15.000 €. 

 

 

 

Petite maison publiant jusqu’à lors une vingtaine de titres chaque année, Le baron perché aurait manifestement oublié de payer ses auteurs. Dans le cadre de la procédure engagée, une cinquantaine d’entre eux aurait demandé des relevés de comptes, et seuls certains les auraient reçus, par voie électronique. Or, malgré plusieurs lettres recommandées, émanant des écrivains, illustrateurs, aucun paiement n’aurait été effectué. 

 

À ce titre, la SGDL a été sollicitée. « Certains des auteurs concernés comptent parmi nos membres, d’autres sont à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse », nous précise l’organisme. 

 

Le commandement de payer représente le dernier recours après différentes tentatives infructueuses (emails, lettres, appels et recommandés) d’obtenir gain de cause. « Cela permet, si nous devons passer devant de tribunal, de démontrer la bonne foi de la procédure. »

 

Et la SGDL de poursuivre : « Tout créancier peut saisir un huissier pour réclamer le règlement d’impayés. » Dans un communiqué commun, Charte et SGDL soulignent : 

 

Ignorant relances téléphoniques et lettres recommandées, les éditions du BARON PERCHÉ (SARL LE MONDE EN MARCHE), ont pris le parti de ne pas verser aux auteurs les droits qui leur étaient dus en 2014 et parfois antérieurement. 

Au total, ce sont plus de cinquante auteurs qui sont concernés par ces pratiques inadmissibles.   Dix-huit d’entre eux ont saisi la SGDL et la Charte qui ont conjointement pris l’initiative de faire délivrer par huissier de justice un commandement de payer, au siège des éditions Le BARON PERCHÉ, 30 rue Jacob à Paris.  Une démarche inédite qui a eulieu le 19 janvier dernier.  La SGDL et la CHARTE entendent ainsi récupérer plus de 15 000 euros de droits d’auteur non versés.

 

 

Seuls 18 auteurs se sont joints à cette procédure, mais les impayés, selon nos informations concerneraient une cinquantaine d’auteurs en tout. Les comptes 2014 clôturés, l’éditeur aurait dû établir un relevé, envoyé à chacun, pour déterminer les règlements de droits d’auteurs à verser.  

 

Nous avons tenté de solliciter l’éditeur, dont le gérant est Olivier Baillet, mais aucun des numéros de téléphone ne répondait. 

 

Une histoire qui remonterait au rachat en 2014

 

Le Baron perché avait été acquis en mai 2014 par Jacques-Marie Laffont, peu de temps avant Vents de Sable, en juillet de la même année. Il s’agissait alors du troisième investissement de la holding Hoche Communication dont JM Laffont était directeur général – et donc du groupe Révolution 9, que présidait Ollivier Baillet. 

 

Le groupe avait même constitué en février 2015 un pôle jeunesse, en incluant le rachat de Le Sablier, spécialisé dans les livres audio qu’avait fondée Hélène Bonis en 1997. L’ensemble était associé à la librairie jeunesse, intégrée aux locaux de Le Sablier. 

 

À l’époque du rachat du Baron perché, Brigitte Stephan, maintenue à la direction éditoriale, assurait : « C’est une opportunité pour développer la maison et lancer de nouvelles collections. » 

 

Le Baron perché est spécialisé dans les livres de santé, cuisine, management et marketing, ainsi que des beaux livres, ou encore du pratique et de la jeunesse. Pour cette année 2016, aucune parution ne semble prévue. 

 

À ce jour, la SGLD, qui vient d’entamer la procédure avec la Charte, redoute de ne pouvoir recouvrer les montants dus aux auteurs. 

 

Révolution 9 comptait parmi les repreneurs qui s’était manifestés lorsque le groupe De Borée avait été placé en redressement judiciaire. Cependant, les salariés de l’entreprise avaient alors alerté le juge : ils dénonçaient alors un projet de reprise qui leur semblait inadapté. « [L]es représentants du groupe R 9 venus présenter leur projet n’avaient pas de réponses précises à fournir. On avait du mal à croire ce qu’ils annonçaient », nous précisait-on.

Une pétition avait même été fournie au magistrat, pour étayer les craintes. « Leur activité est opaque, on ne comprend pas vraiment comment il est possible de se présenter comme possesseur de maisons d’édition, et de ne pas avoir de catalogue officiellement présenté », soutenaient des salariés de De Borée.