La Société générale supprime les comptes d'une libraire pour des... tweets

Nicolas Gary - 03.01.2020

Edition - Librairies - Terre Lune librairie - compte bancaire libraire - fermeture Societe generale


Quand confidentialité et secret bancaire riment avec fermeture de compte flash-éclair : pour cette libraire des Hauts-de-Seine, basée à Clichy-la-Garenne, la fin d’année a viré au cauchemar. Patronne de la Librairie Villeneuve, Julie Goislard a connu quelques différends avec sa banque, la Société Générale. Laquelle les a réglés furieusement, en supprimant tous les comptes ?


Une banque à côté de ses pompes - pixabay licence
 

Implantée depuis une dizaine d’années, Julie Goislard l’avoue : elle fatigue, « et les coups deviennent plus difficiles à prendre ». Plutôt contestatrice et n’hésitant pas à souligner les défaillances dans la société, elle a eu maille à partir avec sa propre banque. 

« Au fil des années, les services se sont amenuisés. Je payais pour tout et rien. Pointais les défaillances. Les erreurs pas corrigées qui me coûtaient. Peinais à avoir un interlocuteur stable et réactif. Comme ce jour où j’ai dû appeler 36 fois l’agence sur une journée avant que quelqu’un de l’agence ne me réponde », raconte-t-elle sur Facebook. 
 

L'enfer des réseaux sociaux


Or, utilisatrice des réseaux, elle partage régulièrement les problèmes qu’elle rencontre façon 2.0, en interpellant toujours les marques et services publics ou sociétés privées qui sont concernés. En l’occurrence, cette mésaventure avec la Société Générale a été abondamment diffusée sur Facebook et Twitter.

Or, « 3 semaines après, dans son bureau, l’actuel directeur, lors d’un entretien agressif et ubuesque, nous expliquait que la banque nous mettait dehors, à cause de ces tweets. Pas de raisons bancaires ».

Son dernier problème, le 22 octobre, concernait un terminal de paiement qui dysfonctionnait et l’empêchait de travailler — durant la période des fêtes, voilà qui est douloureux. 
 


Et de rétorquer : « Votre agence de Clichy centre m’épatera toujours. À l’instant, votre conseiller m’appelant pour me dire d’arrêter de tweeter ! Mais avec plaisir : fournissez-moi du matériel non défectueux ! Demandez à votre prestataire Progecarte de répondre aux appels ! »
 

La banque menace et se rebiffe


Et l’escalade vengeresse a pu commencer : la banque lui a annoncé progressivement la fermeture de son compte professionnel, puis personnel, avant d’éradiquer le compte-joint, et celui de son mari… et finalement celui de l’une de leurs filles.

Cinq courriers qui se sont succédés, à partir du 12 décembre, pour mettre fin aux contrats. Julie Goislard finit par obtenir un rendez-vous auprès du directeur de l’agence de la Société Générale, Place des martyrs à Clichy, qui durera 6 minutes, précise-t-elle au Parisien. « Il a été totalement impossible de discuter et le directeur nous a indiqué qu’il faisait ce qu’il voulait et qu’il pouvait même clôturer tous nos comptes. »
 


Évidemment, la banque sollicitée refuse de répondre, et se drape dans le secret bancaire et la confidentialité de son métier pour ne pas avoir à justifier de ses actes. « La banque peut fermer un compte bancaire à tout moment en respectant un préavis de 60 jours », indique-t-on toutefois. Sachant que de toute manière, l’établissement n’a pas à motiver ses choix. 

Julie Goislard, elle, n’en revient pas : « [L]ors de cet entretien ubuesque, fou, avec le nouveau directeur, Place des Martyrs, dans une banque autrefois ébranlée par un seul homme derrière son ordinateur, je me souviens avoir pensé “Mon Dieu ! En voilà, un ancien enfant, auquel on n’a jamais dû lire des histoires, le soir !” C’est peut-être faux, mais j’y mettrai ma main à couper. » 

Il suffirait pour ce faire de se regrouper, pour offrir quelques heures de lecture de contes en bibliothèque ou des livres audio ? La médiatisation de cette histoire ne servira en tous cas pas les intérêts du directeur d'agence...


Commentaires
Tout à fait d'accord pour dénoncer la brutalité des grandes banques mais un éditorial sur Matzneff aurait été appréciable de la part du media leader sur le secteur du livre en France. Les excuses de Pivot et Beigbede sont pitoyables mais elles ont le mérite d'être là. Car il faudrait quand même condamner la publication de textes pédopiles par Gallimard et lui demander de les retirer au nom de notre responsabilité d'éditeur.
et si les lectrices et les lecteurs de cette librairie qui ont pour banque la société générale se manifestaient auprès d'icelle, voire à cloturer leurs comptes et choisir une autre banque ?
Superbe suggestion, venant d'un éditeur. On en profite pour brûler ses livres en place publique ? Et, tant qu'on y est, on ajoute au bûcher "Voyage au bout de la Nuit" et tous les livres dont l'auteur était un salaud ? Venant d'un éditeur, cet appel à la censure vous paraît "normal" ?
"Voyage au bout de la nuit" est un chef d’œuvre et il n'y aucun rapport.

Permettez moi de citer le communiqué de Gallimard qui vient de retirer les livres de Matzneff : "La souffrance exprimée par Madame Vanessa Springora dans +Le Consentement+, fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle"
C'est effectivement l'appel à la censure qui est pitoyable. Rappelons que les volumes du journal ont été publiés parfois il y a plusieurs décennies (à la Table ronde et chez Gallimard). Et l'on s'offusque aujourd'hui? On joue les professeurs de vertu parce que c'est dans l'air du temps? Pathétique et hypocrite.
Je ne connaissais pas Matzneff et ses livres, ce n'est pas ma génération et je suis écœuré de tout ce que j'apprends sur la tolérance de la pédophilie dans le secteur de l'édition par le passé. Cette époque est bel et bien terminée et je m'en réjouis.
D'accord en ce qui vous concerne, mais l'attitude de Gallimard est encore plus hypocrite. Ils n'ont pas lu les livres qu'ils ont publiés? Ils ne s'en souviennent plus? Ils feraient mieux d'assumer.
si c’était sur ta fille qu'un salaud qui l'a violée se fait du pognon en racontant tout dans des livres, tu serais du même avis?
Je n'aurais pas attendu 30 ans pour réagir et je n'aurais pas non plus laissé ma fille de 14 ans fréquenter un type qui en a 50 (ce qui fut le cas de la mère de Vanessa Springora). Je ne défends pas Matzneff du tout, mais rien de ce qu'il a fait ne peut être réparé (y compris le viol d'enfants prostitués aux Philippines), et la dénonciation actuelle est purement circonstancielle, épiphénomène d'époque lié au plan marketing de Grasset pour le bouquin de Springora.
Je suis cliente de la Société Générale depuis 51 ans et cela sans souci. Les commentaires sur les réseaux sociaux dénotent une volonté de "salir" sa banque.

Il aurait judicieux de faire des remarques directement à son conseiller de clientèle et partir sans faire "d'histoires" d'autant plus que les frais de gestion des comptes commerciaux sont des plus élevés à la SG avec d'autres banques que je citerais pas.
vous n'avez pas du tout lit l'article...



...et SG ne fais que cumuler des scandales de tout genre, niveau bureaux locaux ou décisions à grande échelle. Si jamais les 'moi, il m'a rien fait' avaient un sens, personne ne serait condamnée par la justice...
Je suis passé chez SOSH... LOL

N'ayant jamais eu de rapport marital avec ma banque, je suis passé chez Crédit Coopératif l'année dernière.

Pour mes transactions bancaires, j'ai choisi iZettle. Que du bonheur!

Comparez, essayez, changez?
J'vois pas le rapport ???!!! rolleyes
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