La société Leblon-Delienne reprise par Heritage Collection

Nicolas Gary - 10.06.2015

Edition - Economie - figurines résine - Tintin Astérix - liquidation judiciaire


Depuis les premières difficultés, en 2008, l’entreprise dirigée par Laurent Buob, PDG de Leblon-Delienne, a progressivement plongé. En octobre 2014, la structure, spécialisée dans la fabrication de figurines, était définitivement acculée : soit la reprise, soit la fermeture. Tintin aura presque tué l’entreprise, située à Neufchâtel-en-Bray. 

 

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Tintin ? Oui, parce que le gros de la production tournait autour des figurines en résine que Leblon-Delienne pouvait produire. Et la perte de ce marché, qui pesait pour la moitié de son chiffre d’affaires avait plombé les comptes. Pourtant, au plus fort de l’activité, on comptait 45 salariés et 4 millions € de chiffre d’affaires. 

 

La sortie pouvait passer par la signature de contrats de licences pour d’autres personnages du monde de la BD : Astérix, par exemple, ou encore Spirou, et même Cailmero. L’alternative d’une diversification de la production s’imposait cependant : le développement de meubles ou d’objets décoratifs aurait pu sauver... les meubles. Mais le projet de redressement n’a pas fonctionné. 

 

Le 29 décembre, une manifestation intervenait. Artoyz avait en effet formulé une offre de reprise, mais le tribunal de commerce de Dieppe ne l’aura pas retenue : insuffisante pour la société, qui vivait depuis trois mois en liquidation judiciaire. 

 

Dans un courrier adressé aux salariés, Laurent Buob affirmait sa volonté de poursuivre le combat : « Face à l’incompréhension devant une telle décision nous avons décidé de nous battre et de faire pression sur le Tribunal afin que celui-ci révise son jugement. Et nous mettrons tout en œuvre pour empêcher la disparition de ce savoir-faire. » (via 9eme Art)

 

 

 

Une vingtaine de personnes était licenciée malgré tout, et début janvier Michel Rouah, propriétaire de Artoyz, revenait également à la charge. S’il n’était pas parvenu à convaincre le tribunal de commerce, il tentait de son côté d’autres recours, avec le plein soutien des salariés. La mairie elle-même s’engageait, en se portant acquéreur des bureaux et des ateliers, pour une somme de 266.400 €. « Cette offre est liée à celle de la société Artoyz. Le juge chargé du dossier auprès du tribunal exige une délibération dans l’hypothèse où l’offre d’Artoyz, avec le soutien de la Ville, serait retenue », assurait, Xavier Lefrançois, maire de la ville. 

 

Artoyz bénéficiait alors d’une nouvelle fenêtre de tir, en devenant locataire des meubles. Et surtout, comptait bien en terminer avec les figurines de résine liées au monde de la bande dessinée, considérant que ce secteur n’était plus porteur. En revanche, travailler avec des marques comme Disney, Warner ou Playmobil était plus profitable. (via Paris Normandie)

 

Le 2 juin, le tribunal devait donc se prononcer de nouveau, cette fois avec le dossier d’un autre repreneur, Heritage Collection, un fonds d’investissement qui s’était fait remarquer par la reprise de sociétés promouvant le savoir-faire français. Le soutien de Gilles Riboud, propriétaire de Victoire, ligne de prêt-à-porter, accordé à Artoyz ne laissait cependant pas deviner la nouvelle issue de cette affaire. 

 

 

http://leblon-delienne.com/shop/fr/385-disney

Posted by Leblon-Delienne on vendredi 21 novembre 2014

 

 

Le tribunal de commerce de Dieppe a donc fini par trancher, et accordé à Heritage Collection le soin de rouvrir la société Leblon-Delienne. L’annonce s’est faite le 3 juin dernier, avec pour projet de reprendre l’activité sous huitaine. Depuis décembre et la fermeture, la production avait évidemment été complètement arrêtée. 

 

Heritage Collection s’est engagé à reprendre les licences de Astérix, Hergé et Disney, pour faire remonter la pente. Une rencontre entre le nouveau propriétaire Philippe N’Guyen et les salariés devrait intervenir sous quinze jours à trois semaines.  « Mais avant une reprise de l’activité, il y a des choses basiques à faire, ne serait-ce que remettre en route les contrats pour l’électricité... Il faut aussi récupérer les licences pour les figurines », explique-t-il.

 

Et si Artoyz n’a pas été retenue pour la reprise de Leblon-Delienne, Heritage Collection n’écarte pas la possibilité de collaborer pour de nouveaux produits. Si la société gardera son identité, il faudra des adaptations : « Le marché des figurines a évolué, il faut s’adapter aux nouvelles tendances. Je souhaite réactiver le plus de licences possibles, monter en puissance avec la 3D numérique, dans une perspective multimatériaux : du bronze, de la porcelaine, pourquoi ne pas imaginer, par exemple, une Falbala d’Astérix en porcelaine... » (via Paris Normandie)