La société Xerox a déposé un brevet sur un réseau de prêt de documents

Antoine Oury - 01.02.2016

Edition - International - Xerox brevet prêt de livres - brevet carte bibliothèque - emprunt livre papier


La société américaine Xerox, spécialisée dans la gestion de documents, de leur impression à leur stockage dans le cloud, a déposé un brevet portant sur un réseau social d'entreprise destiné à faciliter le prêt ou le transfert de documents. L'Electronic Frontier Foundation, qui a analysé le brevet, déplore que ce dernier ne constitue qu'une description nébuleuse du principe de la carte de bibliothèque.

 

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(Pete, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le fonctionnement des brevets est bien connu : les sociétés, et notamment celles aux prises avec les nouvelles technologies, en déposent à la pelle pour sécuriser certaines pistes de développement. Quitte à utiliser des termes obscurs, pour un résultat proche de la novlangue : la plupart des « inventions » revendiquées par ces brevets n'en sont qu'au stade de la rêverie.

 

L'autre catégorie de brevets, souligne l'EFF, recouvre des idées communes depuis des années, transformées en innovation indispensable pour les nouvelles technologies par un brevet. Le brevet de Xerox en fait indéniablement partie : la société assure que « des systèmes et méthodes qui permettent le partage de documents entre des employés travaillant sur le même lieu de travail, qui facilitent et promeuvent l'efficacité et l'autonomie, sont nécessaires ».

 

Depuis cette perspective, Xerox souhaite développer un réseau social interne aux entreprises, qui afficherait ce que les collègues lisent, et les modalités sous lesquelles ils seraient prêts à partager leur document. Le brevet détaille ensuite la façon dont le réseau social pourrait proposer plusieurs options, pour imprimer ou emprunter le document en question. On imagine que l'usage de ce réseau serait strictement professionnel, mais le brevet ne le précise pas, et des lectures personnelles pourraient probablement s'y glisser.

 

L'emprunteur pourrait déclarer sur le réseau le titre qui l'intéresse et le laps de temps pendant lequel il souhaite l'emprunter. En retour et en cas de validation, son collègue afficherait alors l'indisponibilité du document, pour que les autres utilisateurs soient au courant. Quelques fonctionnalités supplémentaires sont évoquées, comme la publication d'une impression sur le réseau social : cela permettrait de réduire les coûts écologiques de l'impression, en facilitant le partage plutôt que l'impression en double.

 

 

Cela vous rappelle quelque chose ? Normal, puisqu'il s'agit du principe même de l'emprunt en bibliothèque. Si Xerox ne fera probablement pas valoir son brevet contre les établissements américains, ce type de dépôt inquiète l'Electronic Frontier Foundation, qui y voit une dérive du système de la protection industrielle. La privatisation de certains concepts courants devrait être évitée par le Bureau américain des brevets et des marques commerciales.