La statue d'hommage à Alexandre Soljenitsyne devra avoir de la gueule, si, si...

Nicolas Gary - 04.10.2017

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Après avoir affronté le goulag durant les sombres heures de l’ex-URSS, Alexandre Soljenitsyne finira bien par devenir un héros de la Russie. On apprend en effet que, pour le centenaire de sa naissance (né le 11 décembre 2018), une statue sera dressée en hommage à l’intellectuel russe. Et pas n’importe comment...

 

Aleksandr Isayevich Solzhenitsyn, painted portrait DDC_7677.JPG
thierry ehrmann, CC BY 2.0

 

La veuve du philosophe, Natalia Soljenitsyne, supervise le projet d’une main d’acier : coordonnant le ministère de la Culture, la Chambre des emigrés russes et l’Union des architectes de Moscou, cette dernière a des intentions très précises.

 

« Les organisateurs du concours m’ont déjà demandé quels étaient mes vœux concernant le monument. Je ne souhaite pas interférer dans le processus de création. La seule chose que je voudrais, c’est que la figure de Soljenitsyne soit présentée debout, plutôt qu’assis. En fait, il écrivait vraiment debout, aussi ne puis-je le voir dans une posture différente », assure-t-elle.

 

Mais dans tous les cas, aucun interventionnisme sur les conceptions – disons plutôt une recommandation qu’une consigne. 

 

Et si la veuve parle de concours, ce n’est pas que la douleur lui fait perdre l’esprit : une véritable compétition a été montée pour retenir l’œuvre qui célébrerait le centenaire de la naissance d’Alexander. La statue sera installée dans la rue éponyme de Moscou, entre les numéros 11 et 13. 

 

Tout un chacun est invité à prendre part : architectes, sculpteurs, designers et artistes. Les dossiers sont acceptés jusqu’au 27 novembre prochain et seront par la suite exposés durant plusieurs jours : les résultats seront communiqués le 7 décembre. 

 

Et les trois lauréats retenus seront donc les stars de l’année 2018.

 

En attendant, on pourra se plonger dans Le premier cercle, traduit par Louis Martinez, que publieront les éditions Robert Laffont le 26 octobre prochain (format poche). 

 

Il s’agit de la version définitive de ce puissant roman où Soljenitsyne dénonce avec vigueur le régime policier stalinien et ses prisons, plus terribles les unes que les autres, notamment celle de Mavrino, le premier cercle du monde concentrationnaire. Il évoque aussi bien la vie pénible des prisonniers politiques que celle de leurs femmes soumises à toutes sortes d'humiliations. 

 


 

 Alexandre Soljenitsyne – Le premier cercle traduit du russe par Louis Martinez – Editions Robert Laffont – 9782221200599 – 13,50 €