La statue de George Orwell à la BBC claquera-t-elle aussi sa démission ?

Orianne Vialo - 05.04.2016

Edition - Société - George Orwell - BBC London - statue commémorative


Alors qu’il travaillait pour la BBC depuis deux ans, le journaliste et romancier britannique George Orwell décide de quitter ses fonctions en 1943, en écrivant une des lettres de démission les plus mémorables du XXe siècle. 60 ans après son départ des locaux, le sculpteur Martin Jennings a été désigné pour travailler sur la nouvelle statue de bronze de l’auteur de 1984, qui prendra place dans l’entrée principale du siège de la BBC, à Londres.

 

(Domaine public)

 

 

« Je prononce ma démission, car, depuis quelque temps, je suis conscient que je perds mon propre temps et l’argent public à faire un travail qui ne produit aucun résultat… Je pense que je devrais me remettre à mon travail originel, c’est-à-dire m’atteler à l’écriture et au journalisme. »

 

Ces mots ont fait le tour du monde. Jamais on n’avait vu lettre de démission si « culottée ».

 

Lorsque Richard Blair, le fils d’Orwell, propose la création d’une statue de commémoration en l’honneur de son père, la proposition est rejetée par la BBC. Le groupe média refuse de fournir un site pour célébrer l’un de ses plus anciens employés. La raison évoquée : on lui reproche d’être « trop de gauche ». Cependant, le projet a été relancé lorsque Tony Hall a succédé à Mark Thompson comme directeur général de la firme.

 

De nombreux donateurs suivent l’initiative du directeur, à l’image de Trust Lord Patten, ancien président de BBC, Richard Blair, ou encore les auteurs Tom Stoppard, David Hare et Michael Frayn.

 

Aux côtés de la statue, l’on peut lire la déclaration provocatrice de l’ancien journaliste : « Si la liberté signifie quelque chose, c'est le droit de dire aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre. »

 


 

Dans une interview accordée au Guardian, Martin Jennings a déclaré : « J’étais ravi quand je me suis rendu sur place et que j’ai trouvé la statue située près du coin fumeurs. L’endroit correspond parfaitement à Orwell, qui a été rarement vu sans une cigarette à la main. S’il était encore là aujourd’hui, il aurait sans doute été là-bas, dans le froid avec les fumeurs la plupart de son temps. »