La styliste et auteure Sonia Rykiel est morte

Antoine Oury - 25.08.2016

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La styliste, couturière, actrice et romancière Sonia Rykiel est décédée le 25 août 2016 à Paris, à l'âge de 86 ans. « La Reine du Tricot », accro aux rayures et au noir, maniait également la plume : elle a signé plusieurs ouvrages, sur la mode, évidemment, mais aussi des romans et des livres pour les enfants.

 

Sonia is a Doll

(Sean Ganann, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Née le 25 mai 1930 à Paris au sein d'une famille russo-roumaine, Sonia Flis devient Rykiel en 1954, lorsqu'elle épouse Sam Rykiel, propriétaire d'une boutique de confection vestimentaire. La jeune femme peut laisser libre cours à ses envies créatives, et conçoit les premiers pull-over qui feront bientôt sa renommée. Quelques années plus tard, le magazine Elle fait en effet paraître sa pièce de vêtement en une, la propulsant comme élément indispensable d'une garde-robe.

 

Sonia Rykiel créé en 1965 sa société, Sonia Rykiel C.D.M, et ouvre quelques années plus tard sa première boutique au 6, rue de Grenelle. 

 

Un an après la création de son premier parfum, en 1978, Rykiel signe son premier livre, Et je la voudrais nue, publié par les éditions Grasset. Dans cette aubiographie, la créatrice évoque son parcours, mais aussi sa conception de la mode : « J'ai écarté la “mode” pour faire la “démode”. Plus grand, plus vaste, plus large mais surtout à côté, du côté du corps, du côté du plaisir, du côté de l'envie. De son corps à soi, de son plaisir à soi, de son envie à soi. La démode, c'est faire la mode avec la tête pour son corps. C'est se consacrer unique, différente, “sacrée” », écrit Sonia Rykiel.

 

10 ans plus tard, toujours chez Grasset, Rykiel fait un nouveau bilan avec La collection : « Discipline, folie, cohérence, création ou inspiration, suivre la rue ou s'enfermer dans sa chambre pour dire, exprimer, réfléchir sur la même discipline depuis vingt ans, ne pas s'écarter et donner chaque fois l'étonnement, l'ivresse, la joie, recommencer cent fois le même travail encore plus, encore mieux [...]. »

 

Avec Les Lèvres rouges, en 1986, Sonia Rykiel s'essaye au roman, en décrivant une passion amoureuse entre la France et l'Italie. 

 

Superposer la vérité et le mensonge, installer l'histoire, se servir des sensations connues, oubliées, de trames anciennes, infimes, le regard plongé au plus profond de soi, de l'éternité, et puis traquer ce qui ne cesse de se cacher, ce presque rien qu'il faut saisir, sauver, capter, l'instant qui se dérobe. Pour écrire, il n'est pas d'autre choix. Sonia Rykiel, Les Lèvres rouges

 

En 2005, elle publie chez Fayard L'envers à l'endroit, roman qui rejoint une de ses marques de fabrique : son titre de « Reine du tricot » provient notamment des coutures à l'envers qu'elle popularise avec son concept de « démode ».

 

En 2012, la créatrice choisit Judith Perrignon pour un livre commun aux éditions de l'Iconoclaste, N'oubliez pas que je joue, dans lequel Sonia Rykiel évoque sa carrière et ses souvenirs : « Toute sa vie, elle a joué avec la vérité, elle ne peut pas parler pour elle, c'est pour ça que je suis là », expliquait Judith Perrignon.

 

Ce jeu avec la vérité se faisait aussi par l'écriture : Sonia Rykiel s'est essayée à des genres bien différents, dont la littérature jeunesse, avec Tatiana, acacia illustré par Charles Matton-Pasqualini, en 1993 chez Flammarion. Côté correspondances, on pourra retrouver celle que la créatrice a entretenue avec Régine Desforges dans Casanova était une femme, illustré par Claire Bretécher, aux éditions Calmann-Lévy en 2006.

 

Sonia Rykiel a également signé de nombreux textes, notamment dans Les filles du cahier volé de Régine Desforges, pour la préface d'un ouvrage sur la brasserie Lipp ou encore pour Colette et la mode, en 1991. Pour son Dictionnaire déglingué, publié par Arthaud en 2011, elle avait confectionné un abécédaire gentiment moqueur sur la mode, tandis que son Guide du club des croqueurs de chocolat, publié par Michel Lafon en 2003, trahissait sa gourmandise...

 

 

(via Wikipédia)