La suite de L'attrape-coeurs obtient une seconde chance

Clément Solym - 30.04.2010

Edition - Justice - salinger - sentence - interdiction


Petit retour dans le futur : voilà quelques mois, un Suédois publiait sans révéler qu'il en était l'auteur, un lire qui se voulait la suite de L'attrape-coeurs, le roman de Salinger. 60 Years Later: Coming Through the Rye était alors pris en grippe par l'auteur qui intenta un procès à Fredrik Colting.

« Salinger veut interdire la publication de ce livre, mais ce truc, ça s'appelle la liberté d'expression et il est très compliqué d'empêcher quelque chose d'être dit, alors que ça a été dit auparavant », expliquait-il alors.

Peine perdue, le tribunal de New York, à travers la voix de la juge Deborah Batts, interdisait la commercialisation du livre en juillet 2009. Mais bien décidé à voir son roman sortir, notre Suédois entêté saisissait le tribunal de Manhattan pour obtenir gain de cause.

Lequel a estimé que la décision imposant une interdiction de la vente devait être revue. À l'époque, la défense avait plaidé la parodie pour tenter de contourner la procédure, mais rien n'y avait fait, la juge n'en avait pas trouvé une goutte, aussi les avocats se retrouvaient le bec dans l'eau.

« Je suis estomaqué par la décision du juge. Appelez-moi Suédois ignorant, mais la dernière chose que je pensais possible aux États-Unis fut qu'on interdît un livre », rétorquait Colting, mais en vain.

Si l'issue de ce prochain jugement ne signe pas pour autant sa victoire, les arguments présentés devant la cour d'appel auront été suffisants pour que décision soit prise de revoir au moins le précédent jugement.

La date de cette nouvelle audience n'est pas encore connue.

À cause de cette procédure judiciaire, Salinger, décédé le 27 janvier 2010, à l'âge de 91 ans, était parvenu à se mettre à dos l'ensemble (ou presque) de la presse et des bibliothèques des États-Unis. Selon les critiques, on estimait que ce serait « sans l'ombre d'une preuve attestant d'un préjudice pour le demandeur que la Cour de district a pris l'extraordinaire décision de mettre en demeure la parution du livre ».