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La surveillance du FBI aurait précipité le suicide d'Hemingway

- 03.07.2011

Edition - Société - hemingway - hoover - suicide


Le suicide d’Ernest Hemingway demeure pour bien des spécialistes une grande interrogation : pourquoi s’être tiré une balle, à son domicile, alors que son épouse dormait ? Les hypothèses sont multiples : dépression, alors que sa carrière d’écrivain s’étiolait, trouble de la personnalité... Des solutions compréhensibles, mais...

Mais voilà qu’un ami et collaborateur du romancier durant les 13 dernières années de sa vie vient de mettre à jour une nouvelle hypothèse, pour expliquer le délire paranoïde du prix Nobel. En fait, Hemingway avait conscience d’être surveillé par Hoover et son FBI, du fait des liens qui unissaient le romancier à Cuba.

Une idée auparavant rejetée, mais qui revient dans les colonnes du New York Times, sous la plume de AE Hotchner, auteur de Papa Hemingway et Hemingway and His World, pour qui la surveillance exercée par le Bureau avait « substantiellement contribué à alimenter son angoisse et son envie de suicide ». Et l’auteur de l’article d’ajouter qu’il avait sous-estimé la peur que son ami pouvait avoir à l’égard du FBI.

Voilà donc que les mises sur écoute exercée par le service de renseignements intérieurs resurgissent dans la biographie d’Hemingway. Et preuves à l’appui.

La vérité est ailleurs

Lors d’une visite à Hemingway en novembre 1960, Hotchner rapporte le comportement de l’écrivain. Descendant du train, Hotchner est accueilli par Hemingway et leur ami MacMullen. Mais l’écrivain, pourtant amateur de levées de coude, refuse de se rendre dans le bar en face de la gare. Pourquoi ? « Les Fédéraux », répond-il.

Il explique alors que la voiture a été suivie, que tout est sous surveillance, sur écoute, que le courrier est intercepté, filtré, que des agents le surveillent... Une oppression qui rendait particulièrement nerveux Ernest, et qui l’a suivi jusqu’à sa mort, dans la clinique du Minnesota, où il sera hospitalisé peu après son suicide.

Mais après sa mort, l’hypothèse FBI est rapidement écartée, jusque dans les années 80, où plusieurs chercheurs s’intéressent à cette piste. Et dans le dossier ouvert par le Bureau, l’agent en charge de suivre Hemingway fait état de troubles mentaux et physiques chez le romancier. Car tout un dossier, dévoilé justement dans les années 80, démontre bien, sur 120 pages que Hoover avait un intérêt particulier pour le prix Nobel de littérature.

Des informations, qui, pour Hotchner, obligent aujourd’hui à réévaluer les confidences de l’époque. Et regretter de n’avoir pas pris son ami plus au sérieux.