La téléréalité porte préjudice aux élèves

Clément Solym - 13.08.2008

Edition - Société - téléréalité - conséquences - élèves


2001 fut une année charnière pour la télévision avec la révolution Loft Story, un événement. M6 diffusait alors pour la première fois en France une émission de téléréalité. Le principe était simple : mettre dans candidats dans une boite remplies de caméras et de micros. Ajoutez à cela un peu de compétition avec un système d’élimination des candidats par le public et le tour est joué.


« Moi, plus tard, je veux être une star » !

De rien du tout, un inconnu pouvait se voir projeter dans le statut de « star ». Mais qu’est-ce qu’une star en définitive ? L’étoile est en premier lieu une personne qui par l’exercice d’un talent, cultivé par des efforts constants, acquiert une célébrité incontestée. Et pourtant, depuis la naissance de ce nouveau concept, on en vient à souhaiter être une star en soi…une absurdité en somme.

Véronique Bouzou enseigne le français depuis une dizaine d’années dans les collèges que l’on qualifie souvent de difficiles. Dans Le vrai visage de la téléréalité (7.5 €, 124 pages, éditions Jouvence), elle s’interroge sur les conséquences induites par les nombreuses heures quotidiennes de consommation de téléréalité que font nos chères têtes blondes.

Une téléréalité omniprésente :

Si Loft story c’est fini, le concept, lui, est toujours bien vivant. Présent et représenté à toutes les sauces, on retrouve sans cesse des inconnus mis sous les feux de la rampe, stars d’un soir ou d’un mois ou deux. Au public de choisir.

Résultat, les enfants idolâtrent ces programmes, se rêvent à la télévision, véritable temple moderne. Tout brille là-bas, alors qu’en classe, le désintérêt s’installe. La solution ? Faire venir la télé dans la classe !

De la téléréalité à la violence en milieu scolaire :

Selon Véronique Bouzou, la téléréalité contribue fortement à l’appauvrissement du vocabulaire des enfants. A force d’entendre que tout est « trop bien » ou encore du « reste toi-même », peu de nouveaux mots viennent aux oreilles de nos enfants au contraire d’un bon vieux livre…

Et sans mot approprié, la communication entre les individus devient plus ardue. Face à cette incapacité, ce manque, c’est souvent la violence qui l’emporte. De là à dire que la montée de la violence scolaire est liée à la téléréalité…il n’y a qu’un pas…