La terrible dépendance à Amazon : FedEx résilie son contrat de livraison

Victor De Sepausy - 07.08.2019

Edition - Economie - dépendance revenus Amazon - FedEx Amazon - concurrence distribution


Les fournisseurs savent à quel point Amazon peut devenir dangereux pour leur trésorerie, dès lors que le revendeur prend trop de place. Le service de livraison FedEx, qui officie entre autres sur le territoire américain, vient de choisir la voie du samouraï, en coupant ses liens avec la firme de Jeff Bezos.


Tomás Del Coro, CC BY SA 2.0


Alors que les contrats expirent en cette fin août, FedEx vient de refuser de renouveler ses accords pour les livraisons d’Amazon. Désormais, seul le contrat de livraison à l’international liera les deux entités. Non que le livreur redoute l’image que renvoie de plus en plus la marque : c’est la dépendance qu’il craint le plus. 
 

La livraison rapide, le nerf de la guerre


Dans un communiqué envoyé à l’agence Bloomberg, FedEx annonce même sa volonté de se concentrer sur le marché plus large du commerce électronique. 

L’affaire n’est pas nouvelle : depuis des années, Amazon déploie sa propre armada pour garantir un réseau de transport maison, que ce soit dans les airs ou sur les mers. Plus rapide, plus efficace, pour conquérir plus de clients… Une véritable obsession qui aura coûté 800 millions $ en 2018, soit une augmentation de 36 % des coûts logistiques en regard de 2017. Et un coup de plomb dans l’aile des résultats financiers, puisque les bénéfices perdent d’autant.

Les économistes s’intéressent de près à ce choix, attendu que seul 1,3 % des revenus de FedEx provenaient d’Amazon sur l’année 2018. Et très certainement, c’est UPS qui prendra la relève en préservant ses contrats et récupérant ceux de FedEx. Pour l’heure, UPS n’a pas divulgué les revenus tirés d’Amazon, mais si ces derniers venaient à dépasser 10 %, il serait légalement tenu de le faire. Et pour les analystes, on ne doit pas être très loin…

Cependant, la dépendance à Amazon n’est pas une nouveauté : dernièrement, le diffuseur/distributeur Makassar se retrouvait dans un bras de fer avec Amazon France. Ce dernier avait décidé de revoir ses conditions commerciales, demandant 42 % de remise contre les 40 % précédemment contractualisés.

« Certains ont besoin du chiffre d’affaires que représente Amazon, qui est un partenaire difficile à négliger. Et dans l’hypothèse où l’on arrête de travailler avec eux, il y aura certainement un report des ventes, mais une perte de chiffre d’affaires malgré tout », nous précisait Vincent Dodivers, gérant de Makassar.
 

Et quand Amazon finira par livrer les librairies...?


En Italie, la tension a monté d’un cran lorsque fin juillet, Amazon a produit un nouvel outil de distribution à destination des… libraires. Amazon Business per le librerie doit offrir une gamme de services pour simplifier la vie des libraires, partout dans le Bel Paese. « Nos amis italiens risquent de pactiser avec le diable. Je sais que pour la très grande majorité des lecteurs, cette question de la distribution du livre vers le point de vente est une chose abstraite. », analysait Xavier Capodano, de la librairie Le Genre urbain (Paris), dans nos colonnes.

« Mais ce que vient de proposer Amazon pour l’Italie est une offensive incroyablement violente pour détruire la chaîne du livre existante et cela concerne, croyez-moi, le monde entier. Disposant de moyens colossaux (avec dumping à la clé), il vient d’afficher sa volonté d’être l’acteur monopolistique de la distribution du livre »,

Et de conclure : « Si Amazon gagne cette bataille, non seulement il supprimera toute concurrence par le prix et le service, mais surtout il empêchera l’émergence de qui que ce soit dans ce secteur. C’est un véritable changement de paradigme qui est devant nous. Celui-ci fera des dégâts que nous ne soupçonnons même pas, car l’appétit de ces gens est sans limites. »


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