La théorie sur la fuite d'Adolf Hitler dans une affaire de plagiat

Julien Helmlinger - 28.10.2013

Edition - International - Hitler - Théorie du complot - Grey Wolf


Depuis 1945, les théoriciens de la conspiration étudient l'hypothèse voulant qu'Adolf Hitler ne soit pas mort dans son bunker et qu'il serait parvenu à se réfugier incognito avec ses compatriotes nazis Eichmann et Mengele, en Argentine. La théorie refait surface de temps à autre, avec documents et photos qui n'ont pas fini de diviser les commentateurs, et notamment dans le livre Grey Wolf : The Escape of Adolf Hitler, dont les auteurs sont désormais accusés de plagiat par un Argentin. Ils nient l'accusation, arguant que le sujet est traité depuis 1953.

 

 

 Certains l'ont retrouvé au Chili aussi

Creative Commons via Flickr (CC by 2.0) par Puuikibeach

 

 

L'ouvrage conteste la thèse historiquement admise, à savoir que le dictateur germanique s'est suicidé d'une balle dans la tête, à Berlin, le 30 avril 1945, tandis que sa compagne Eva Braun aurait opté pour le cyanure. Ses auteurs estiment que les services de renseignement américains auraient fermé l'oeil sur l'évasion en échange d'un accès aux technologies développées par les nazis.

 

Le journaliste Gerrard Williams et l'historien Simon Dunstan, auteurs de Grey Wolf, soutiennent l'idée qu'Adolf Hitler et Eva Braun auraient habité une maison basée dans les contreforts de la Cordillère des Andes, en Patagonie, et auraient eu deux filles. Le dictateur serait, selon eux, mort paisiblement en 1962, âgé de 73 ans. D'autres théories dans le genre se sont développées, et n'avaient pas laissé Joseph Staline indifférent en son temps.

 

Le livre, publié en 2011 par Sterling Publishing, a été décliné plus tôt cette année sous la forme d'un documentaire, avant que le journaliste argentin Abel Basti ne se plaigne que les auteurs auraient utilisé de manière injuste ses propres recherches pour argumenter leur théorie. L'éditeur quant à lui présentait l'ouvrage comme le fruit de 5 années d'investigations, de voyages et de récolte de témoignages.

 

Gerrard Williams reconnaît avoir été aidé par Abel Basti ainsi que d'autres autres chercheurs et traducteurs lors d'un voyage en Argentine, en 2007, sans reconnaître le plagiat. L'Argentin soutient que le livre et le documentaire plagient les documents qu'il aurait remis aux auteurs, ajoutant qu'il les a introduits auprès de deux témoins clés de la théorie : Jorge Colotto et le capitaine Manuel Monasterio. Il aurait signé un contrat conférant tous les droits pour son travail à la compagnie de Williams en échange de paiements substantiels à venir.

 

Tandis qu'une première tentative de tournage du documentaire avait coupé court en 2008 pour des soucis financiers, Basti soutient que son contrat a été résilié, mais que contrairement à ses demandes, on ne lui aurait pas retourné le fruit de son travail. 

 

Tandis que Williams ne voit pas comment on peut lui intenter un procès en plagiat à propos de citations d'enregistrements utilisées et sourcées comme il se doit, réfutant d'avoir été mis en relation avec les témoins clé, la théorie de la survie d'Adolf Hitler elle-même est contestée par l'historien Guy Walters, à la sortie du titre.

 

Ce dernier estime que le livre contient « 2000 % d'ordures », ajoutant que :  « C'est une honte absolue . Il n'y a aucune substance. Le livre lance un appel aux fantasmes illusoires de théoriciens de la conspiration et n'a pas sa place dans la recherche historique. »