La Toge à l'envers : à la redécouverte des comiques latins

Clément Solym - 15.07.2014

Edition - Economie - toge antiquité - comique auteurs - latins moderne


Plonger dans l'antiquité pour retrouver ses racines ? Presque : la maison d'édition associative RAGAMI a décidé de renouer avec le comico-antique, genre particulièrement pratiqué. La maison veut faire redécouvrir deux ouvrages d'auteurs comiques, Lucien de Samostate et l'auteur de théâtre comique, Plaute. Le projet s'inscrit dans le lancement d'une nouvelle collection, La toge à l'envers. Et s'est lancé dans l'aventure du crowdfunding.

 

 

 

La toge à l'envers sera une collection « de textes courts et variés, mais invariablement drôles d'auteurs de l'Antiquité, illustrés, traduits et partiellement mis en voix ». Autremen t dit, que l'on pourra écouter. Lucien et Plaute connaîtront donc les joies de la rentrée littéraire avec une publication prévue pour le mois d'octobre prochain, mais les précommandes sont d'ore et déjà disponibles. 

 

« Si la plupart des textes qui seront édités dans "La toge à l'envers" sont disponibles, ils le sont rarement dans un format attrayant pour le plus grand nombre : la plupart sont publiés chez Les Belles Lettres, par exemple. J'admire beaucoup leur production, mais ce n'est pas ce que j'essaye de faire ici : les volumes sont austères, les textes en bilingue, les notes érudites fourmillent... c'est très bien pour les initiés », explique Rafaëlle Gandini, sollicitée par ActuaLitté.

 

Elle note également que certains textes - les plus connus - sont disponibles dans d'autres maisons, dans des collections comme "Classiques de poche". Si leur lecture est plus accessible, « on reste clairement plus dans l'instruction que dans le divertissement ». 

 

« Pourtant, ces textes sont drôles. Simplement. Dans le cas des titres à paraître, il s'agit d'une farce populaire et d'un éloge paradoxal qui ne cherchait qu'à faire rire. Mon but est de proposer une édition de ces textes qui soit moderne, divertissante et accessible, avec le texte traduit, un appareil de notes minimum, des illustrations-croquis et des extraits audios - inscrivant les textes dans notre vie actuelle, spectaculaire et connectée. »

 

Le financement participatif, dans le cadre de cette création, s'inscrit avant tout dans la jeunesse de la maison. Il fallait « d'abord avoir un aperçu de la réaction des publics possibles face au projet, puis permettre à la structure de se lancer avec un minimum de ventes assurées pour ne pas commencer l'histoire par un prêt bancaire ». Et le crowdfunding permet évidemment de prendre la température, en impliquant le public.

 

 

 

 

« Il s'agit dans notre cas de préventes et non de dons, même si les dons sont également possibles. Mais la démarche est la même, et les participants assistent à l'évolution du projet, notamment par le biais des news Ulule », poursuit Rafaëlle Gandini. « Fondamentalement, peut-être plus que le système de souscription - qui existe depuis longtemps - le point fort du crowdfunding est à mon avis qu'il permet de connaître le risque que vous prenez. Dans l'édition, à moins de produire des livres hyperformatés, vous n'êtes jamais sûr que ça va marcher, de comment ça va marcher. »

 

Parce que les gens investissent, même si leur argent est remboursé dans le cas où le projet ne verrait pas le jour, cela permet de recruter des inconnus, là où la traditionnelle souscription ne touche finalement qu'un « carnet d'adresses déjà connu ». Pour le dire simplement, « cela permet aux projets atypiques (à "haut risque") de voir s'ils suscitent un écho ». 

 

Si le financement réussit (65 % à l'heure actuelle), d'autres titres suivront pour 2015. Théophraste, Aristophane... Le recours au financement participatif n'est prévu que pour les premiers titres, c'est une façon de lancer la collection. « Après, c'est à voir... »

 

Comme la maison vient de naître, et que ses premiers titres ne sont qu'à l'état de projet, assez bien avancé cela dit, la distribution/diffusion sera autogérée. « Quand nous aurons un programme éditorial plus complet et que nous pourrons prévoir plus sûrement un calendrier, nous en contacterons un, peut-être Les Belles Lettres Diffusions/Distribution ou Harmonia Mundi Livres. »

 

Pour découvrir le projet, il suffira de se rendre à cette adresse. Et pour le soutenir, c'est la même.