Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La traduction d'un monde à l'autre : Décentrement(s)

Cécile Mazin - 10.10.2017

Edition - Société - colloque traduction éditeur - Lille rencontre professionnelle - traduire décentrements Lille


À l’initiative des Éditions La Contre Allée, voici le colloque Décentrement(s), qui se tiendra à Lille, ce 13 octobre, à la Meshs. Le programme finalise cette année de rencontres en librairies, lycées, universités, résidence de traducteur... Cette journée est à destination de tous et complètement gratuite ! 

 


 

Traducteurs, auteurs, professionnels du livre interviendront autour de différentes tables rondes nourrissant cette problématique du décentrement : l’hétérolinguisme, les langues dans l’espace public, les littératures arabes à l’épreuve de la traduction et les dispositifs existants pour permettre de travailler la traduction.

 

Cette année encore, les éditions La Contre Allée poursuivent leur réflexion sur les enjeux de la traduction en proposant une 3e édition du cycle d’événements D’un pays l’autre. 
 

En ancrant cette question dans le paysage culturel, la maison d’édition cherche toujours un peu plus à mettre en lumière la nécessité de traduire pour permettre à chacun d’appréhender les œuvres venues d’ailleurs, pour faire entrer dans notre espace culturel la parole de l’autre. 
 

En 2017, faisons place aux approches latérales, obliques, qui questionnent les certitudes et permettent de décentrer notre perspective, d’adopter un autre regard, de brouiller les notions de centre et de périphérie. 

 

« La visée même de la traduction (...) heurte de front la structure ethnocentrique de toute culture, ou cette espèce de narcissisme qui fait que toute société voudrait être un Tout pur et non mélangé. (...) L’essence de la traduction est d’être ouverture, dialogue, métissage, décentrement. Elle est mise en rapport, ou elle n’est rien », disait Antoine Berman. 

 

Décentrement(s) propose des moments d’échanges autour de City in translation : regarder la ville autrement — L’imaginaire hétérolingue — Les littératures arabes à l’épreuve de la traduction — Les professionnels du livre face à la traduction 

Et le programme dans le détail : 

 

« Notre corps et notre perception nous sollicitent toujours de prendre pour centre du monde le paysage qu’ils nous offrent », écrivait Maurice Merleau-Ponty. Comment alors se glisser de soi à autrui, et dans quelle mesure le fait de traduire appelle forcement un « décentrement » ?

Pour cette 3ème édition, faisons place aux approches obliques qui questionnent les certitudes, permettent de décentrer notre perspective et de brouiller les notions de centre et périphérie.

 

10h-10h30 : City in translation : regarder la ville autrement


avec Canan Marasligil, éditrice et traductrice
Restitution vidéo de l'atelier City in translation : cette balade d'exploration des langues dans l'espace urbain - créée et menée par Canan Marasligil - a été réalisée avec les étudiantes de l'IUT B Métiers du Livre de Tourcoing dans le quartier de Lille-Wazemmes.
 

10h30-12h : L'imaginaire hétérolingue


Table ronde modérée par Thomas Dutoit, professeur de littérature anglophone à l'université Lille 3
L'hétérolinguisme implique la mise en scène de la différence de(s) langue(s) dans un même texte : ces oeuvres n'inventent pas tant une autre langue qu'elles n'imaginent "la langue" autrement. Qu'ont-elles à nous apprendre à propos de la traduction ? Et la traduction, que nous apprend-elle de nous-mêmes et de nos manières d'être au monde ?
Avec Myriam Suchet, maître de conférence et directrice du Centre d'études québécois à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle/Aline Schulman, traductrice de l'espagnol, et notamment des oeuvres de Juan Goytisolo et Miguel de Cervantès.
 

14h-15h30 : Les littératures arabes à l'épreuve de la traduction


Table ronde modérée par Badr-Eddine Arodaky, écrivain, traducteur et journaliste
"L'intérêt pour la littérature arabe est toujours biaisé" écrit Richard Jacquemond. "On va chercher des témoignages, des documents, on ethnicise, on politise. L'Arabe est toujours particulier, il n'est jamais universalisable." Quels arabes traduit-on en France aujourd'hui, quels types d'ouvrages ? Tour d'horizon d'un paysage éditorial où la littérature croise le politique.
Avec Richard Jacquemond, traducteur de l'arabe (Egypte)/Lofti Nia, traducteur de l'arabe (Palestine, Liban...)/Faraouk Mardam-Bey, directeur de la collection "Sindbad" chez Actes Sud.
 

15h30-16h30 : Les professionnels du livre face à la traduction


Table ronde modérée par Anna Rizzello, traductrice et éditrice aux éditions La Contre Allée
Quels sont les dispositifs d'aides à la traduction, quels rôles jouent les associations professionnelles des traducteurs, et pourquoi à Gif-sur-Yvette des libraires ont décidé, il y a 5 ans, de faire le pari d'un festival consacré à la traduction ?
Avec Corinna Gepner, traductrice de l'allemand et présidente de l'Association des Traducteurs Littéraires de France/Florabelle Rouyer, département création du Centre National du Livre/Hélène Pourquié et Pierre Morize, libraires et organisateurs du festival VO/VF à Gif-sur-Yvette.


réservation recommandée à contactlacontreallee@gmail.com