La traduction littéraire par des machines, “une vaste plaisanterie”

Clément Solym - 07.06.2018

Edition - Société - Olivier Mannoni traducteurs - Ecole traduction littéraire - traducteurs littérature formation


L’École de Traduction Littéraire propose un appel à candidatures, pour une formation d’une année. Le cursus est destiné aux traducteurs professionnels débutants – une traduction déjà publiée chez un éditeur classique. Cette condition posée, tout le monde est éligible.


Olivier Mannoni - Salon du Livre de Paris 2015
Olivier Mannoni - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Si les langues rares sont privilégiées, dans le cadre de cette formation, elle aboutit à un certificat délivré par l’ETL. Olivier Mannoni, directeur de l’établissement, fruit d’un accord entre le CNL et l’Asfored, livre quelques réflexions sur le métier.  

 

Puisque l’on parle de traduction littéraire, la question de la vocation se pose : un métier, de toute évidence, qui « pour être bien pratiqué un certain nombre de qualités, une grande envie et une idée précise de ce que l’on a envie de faire ». Pour autant, cette vocation reste indispensable, mais doit être associée à plusieurs autres qualités, tout aussi indispensables, « négociateur, “pisteur” de livres, animateur, parfois même psychologue ».

 

La traduction implique un engagement et un temps considérable, assure le directeur de l’ETL. Il souligne également qu’il faut « beaucoup d’énergie pour gagner sa vie. Mais c’est aussi un métier de liberté, d’initiative, d’envies et de coups de cœur ». 

 

Pourtant, le métier évolue, de même que celui de l’écrivain : tant les ressources que les outils accessibles augmentent. Le tout pour s’assurer d’une meilleure maîtrise, même si « le fond reste éternel : traduire ce qu’écrit un auteur, avec toute la charge de contexte et d’implicite que cela suppose ». 

 

Car l’idée d’une traduction littéraire opérée automatiquement est « une vaste plaisanterie. Une machine traduit des mots. Nous, nous traduisons ce qu’ils veulent dire et ce qu’ils cachent ». Et le temps que les ordinateurs parviennent à produire une version potable, les traducteurs ont encore de beaux jours devant eux.

 

« Même “DeepL”, le plus récent logiciel de traduction assistée par IA, fournit en traduction de textes littéraires des résultats d’une platitude accablante, pour ne pas parler d’imbécillité, aussi inutilisables comme base de travail qu’une traduction ratée qu’il faut revoir entièrement », tranche le directeur. On laissera à DeepL le soin de traduire – et comprendre ! – ces propos.

 

Tous les renseignements sur la formation sont à retrouver à cette adresse.

 


Commentaires

Il n'a jamais été envisagé par personne que la traduction littéraire soit laissée aux mains de "machines" puisqu'elle requiert un talent rédactionnel hors du commun. Le simple fait d'affirmer qu'une machine "traduit des mots" laisse déjà supposer que l'auteur ne sait pas véritablement de quoi il s'agit car il n'y a pas dans ce cas de traduction en tant que telle mais de reproduction statistique. Notons, pour information, que la traduction littéraire est une niche qui ne représente que quelques pour cents du marché de la traduction. Nombreux sont donc les traducteurs (techniques et autres) sur le marché qui sont heureux, malgré les quolibets de ceux qui occupent la niche de la traduction littéraire, de pouvoir recourir à la traduction automatique pour nourrir leur famille jusque la fin du mois!

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