La Turquie condamne des appels à boycotter l'écrivain juif Mario Levi

Julien Helmlinger - 27.07.2014

Edition - International - Gaza - Conflit israélo-palestinien - Turquie


En Turquie, l'offensive meurtrière lancée par Israël sur la bande de Gaza a été dénoncée par le gouvernement, son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan n'ayant pas hésité à qualifier l'opération de « génocide ». Istanbul précise toutefois que la critique ne doit pas être perçue comme antisémite. Quand se font entendre des appels à boycotter l'écrivain Mario Levi, turc et juif, ceux-ci sont dénoncés comme constituant un « crime motivé par la haine ».

 

 

 

Crédits : Sabine Wespieser Editeur 

 

 

Comme en fait état l'AFP, dans le contexte enflammé du moment circule une campagne sur les réseaux sociaux visant à encourager au boycott des produits israéliens, mais aussi les oeuvres de l'écrivain turc Mario Levi, éminent représentant de la communauté juive du pays, et auteur de plus de 10 ouvrages. Un certain nombre de politiques font front commun pour dénoncer cette forme d'obscurantisme.

 

Omer Celik, le ministre turc de la Culture, a pris position contre ces appels. Défendant l'auteur, il qualifie ces appels de provocations ou encore de crime motivé par la haine, et demande à ses compatriotes de ne pas focaliser leur colère contre les 17.000 membres de la communauté juive de Turquie.

 

Le ministre de la Culture a notamment soutenu via Twitter que « les provocations contre Mario Levi, un auteur turc brillant, sont totalement erronées ». Mehmet Simsek, ministre des Finances, a quant à lui pointé ce qu'il voit comme « une éclipse de la raison ». L'ancien footballeur devenu député, Hakan Sukur, voit aussi la censure « sous prétexte de croyances religieuses » comme étant criminelle.

 

Âgé de 57 ans, Mario Levi a lui-même exprimé sa tristesse quant aux victimes palestiniennes de l'opération militaire israélienne. L'écrivain s'est par ailleurs déclaré chagriné par la campagne dont il est victime. Selon ses propres termes « les mots ne sont pas suffisants pour exprimer à quel point la guerre tragique à Gaza et la mort d'enfants innocents me brisent le coeur ». C'est encore moins le boycott des mots, qui ramènera à ceux qui déplorent leur perte les 740 victimes palestiniennes et les 34 de l'autre camp.