Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La vente de livres numériques s'organise, après l'action en justice

Clément Solym - 18.12.2012

Edition - Economie - contrat d'agence - livres numériques - revendeurs


Le contrat d'agence est mort, vive le contrat d'agence : le ministère de la Justice américain a fait plier trois des cinq éditeurs impliqués dans une violation des lois antitrust, voilà quelques semaines. Hachette, Simon & Schuster et HarperCollins ont accepté de signer un accord et de rembourser le public lésé, tout en mettant un terme au litigieux contrat d'agence. 

 

 

 

 

Mais rapidement, la nature qui a horreur du vide, a repris ses droits : un nouveau contrat, dit « Agency 2 » a vu le jour, dans lequel les éditeurs ne fixent pas un prix de vente unique, mais définissent de très stricts contours pour la commercialisation des oeuvres numériques. Qui, parle de souplesse contractuelle, qui, d'une version castrée du contrat d'agence. Dans tous les cas, les nouveaux accords commerciaux sont respectueux des conditions imposées par le DoJ.

 

Au cours des deux prochaines années, les éditeurs se sont engagés à ne plus contrôler les prix et un détaillant, sollicité par Publishers Weekly, mais anonyme, confirme qu'il est possible d'effectuer toutes les remises possibles. Avec une limite de 30 % sur le long terme. 

 

Des remises encadrées, dans une certaine mesure

 

Dans le cadre du nouveau contrat, qui répartissait en 70 % du prix pour l'éditeur et 30 % pour le revendeur, lesdits 30 % disparaissent donc, et les libraires en ligne peuvent alors jouer sur cette marge pour attirer le chaland. Cependant, le montant total des remises, sur une période de douze mois, doit être inférieur ou égal à la commission totale provenant des ventes de l'éditeur. 

 

En somme, impossible d'effectuer des remises supérieures pour une période de plus de 90 jours, estiment les revendeurs, avec les ouvrages de Hachette Book Group, de Simon & Schuster et de HarperCollins. Rien n'empêchera toutefois un petit jeu comptable, pour des structures qui auront la possibilité d'effectuer un transfert d'argent, d'un côté vers l'autre.

 

Un marchand, qui vendrait des couches-culottes, ainsi que des ebooks, pourrait alors très bien effectuer des remises plus agressives que les autres, prenant sur les bénéfices des couches de quoi assurer les revenus nécessaires et imposés par le contrat... 

 

Du côté de l'éditeur Macmillan, la migration a également commencé, avec quelques évolutions dans les prix. Tout en poursuivant sa lutte contre le ministère de la Justice et le règlement contesté, l'éditeur a décidé d'accorder aux revendeurs une certaine souplesse, en permettant d'accorder un possible rabais sur les titres proposés à 13,99 $, ainsi qu'une remise de 10 % sur une liste de titres sélectionnés. Côté européen, Macmillan a cependant opté pour un accord, considérant probablement que le marché n'en valait pas encore la chandelle.

 

En revanche, Penguin, qui lutte également contre l'accord du DoJ n'a présenté aucune remise spécifique, pas plus qu'en Europe, où le groupe est également sous le coup d'une accusation d'entente. Alors que les quatre autres éditeurs impliqués ont préféré revenir sur le contrat d'agence et s'incliner devant la Commission européenne, Penguin reste l'absolu irréductible.