La vente des ebooks d'occasion nuisible pour l'industrie du livre

Julien Helmlinger - 11.02.2013

Edition - Economie - Marché d'occasion - Ebooks - Amazon


Tandis que la multinationale Amazon a obtenu, au cours du mois de janvier dernier, un brevet ouvrant la voie à un marché en ligne des ebooks de seconde main, l'idée même d'un commerce de biens dématérialisés d'occasion a de quoi étonner. Si les éventuels acquéreurs peuvent être rassurés du fait que ces livres numériques au rabais ne risquent pas de comporter des pages écornées ou déchirées, les auteurs et les éditeurs peuvent déplorer ne tirer aucun bénéfice de ce négoce. La firme basée à Seattle, quant à elle, s'assure une nouvelle source de revenus en se réservant une commission sur chaque transaction.

 

 

 

Tel est le processus théorique décrit par le brevet en question :

 

Les biens numériques, y compris les e-books, fichiers audio, vidéo, applications informatiques, etc, achetés auprès d'un fournisseur d'origine par un utilisateur sont stockés dans le magasin de données personnalisé de l'utilisateur...

Lorsque l'utilisateur ne désire plus conserver le droit d'accéder au contenu numérique désormais usagé, l'utilisateur peut déplacer le contenu usagé vers le magasin de données d'un autre utilisateur, si possible, et le contenu numérique usagé est supprimé du magasin de données de l'utilisateur d'origine.

 

Un tel système permet aux clients d'Amazon, possesseurs d'un livre numérique, de le revendre directement à un autre consommateur, pendant que l'entreprise se réserve une commission sur chaque transaction passée sur ce second marché. Pour le client qui peut ainsi acheter pour moins cher un fichier demeuré intact, ou revendre un bien légitimement acquis, l'idée semble de prime abord séduisante.

 

Mais pour ce qui concerne les auteurs et les éditeurs, il semblerait qu'ils soient les grands oubliés de l'équation, car leurs droits ne seront rétribués que lors de la première vente d'un fichier. Et par ailleurs, il ne serait pas impossible qu'Amazon se coupe l'herbe sous le pied, en donnant de bonnes raisons à sa clientèle d'acquérir moins d'ebooks neufs au profit de l'occasion. 

 

Néanmoins, comme le souligne Bill Rosenblatt, expert en copyright, Amazon pourrait grandement tirer parti de ce marché d'occasion au détriment de l'industrie de l'édition. « Si Amazon est autorisé à effectuer des transactions de revente sans avoir à compenser les éditeurs, alors la firme pourra dire: “Auteurs, connectez-vous avec nous et nous allons vous donner une part sur la revente”. Cela pourrait attirer des auteurs qui, autrement, signent avec les éditeurs traditionnels. »

 

De même, John Scalzi, le président de l'association Science Fiction and Fantasy Writers of America, a déclaré sur son blog : « Je suis terriblement suspicieux que cela ne signifie rien de bon pour les écrivains qui veulent être payés pour leur travail en utilisant le modèle de rémunération actuel. Si j'étais un éditeur, je n'aurais aucun doute qu'Amazon veut ma mort. »

 

Les lois de l'abstraction, nouvelle audace d'Amazon pour se placer au centre de l'univers du livre ?




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