La vie (et l'avis) des politiques intéresse moins les Français

Clément Solym - 24.05.2008

Edition - Société - livres - politiques - Delanoé


Effet de lassitude combiné à la surenchère entre les éditeurs, fin d'un cycle de mode qui reviendra vraisemblablement, reste que la sortie du livre de Bertrand Delanoé ne semble pas enthousiasmer les libraires. « Un printemps morose pour le livre politique », annoncent ainsi nos confrères de l'Express ; en s'appuyant sur une étude du cabinet d'analyse GfK, on constate que les fluctuations dans le domaine sont manifestes.

En effet, si le livre de Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier affiche des ventes appréciables, le reste des publications n'a pas le vent en poupe. Certes, les politiques continuent d'alimenter le marché de l'édition, mais le lectorat ne suit pas la demande. Interrogé par nos confrères, un libraire du quartier Saint-Paul : « Les gens en ont marre. J'ai décidé de ne pas placer le nouveau livre de Bertrand Delanoë en avant : même s'il est le maire de Paris, même si nous sommes dans un quartier plutôt à gauche, son bouquin ne se vendra pas. »

Surabondance, « gavage », pour reprendre les termes d'une libraire de La belle lurette, la durée de vie reste très éphémère. La production concernant Sarkozy ne laisse émerger que quelques titres de la masse. La demande des lecteurs est ciblée et finalement on ne doit pas attendre qu'un livre interpelle et se substitue à un autre dans ce secteur. Restent que tout ce qui touche à la satire, la création BD ou humoristique mènent eux le bal sans encombre.

À la Fnac, le constat est le même : « Seuls 5 % des 'vrais' livres politiques, qui développent l'idéologie d'un parti ou d'une personnalité, se vendent bien. Le reste, c'est retour à l'éditeur. » Et c'est à un libraire de Marseille que le mot de la fin reviendra : « Le politique ne fait pas vendre, et il n'y a que ça à dire ! »