La Villa qui a inspiré Pinocchio mise en vente, non loin de Florence

Cécile Mazin - 12.11.2013

Edition - International - Pinocchio - Italie - Florence


La Villa di Colonnata qui a inspiré le conte Pinocchio, écrit par Carlo Collodi sera mise en vente pour 10,5 millions €. Cette maison, dans la banlieue de la ville de Florence, était située non loin de l'endroit où habitait l'écrivain. Bien éloignée de l'humble atelier de Gepetto, sa bottega, la villa est un lieu d'un faste fabuleux.

 

 

 

 

Carlo Collodi vivait à Sesto Fiorentino, où son propre frère travaillait dans une usine locale de fabrication de porcelaine. Et la présence de la Villa, connue sous le nom de Champ des Miracles, dans le conte Pinocchio résulte d'une légende. Un jardinier avait trouvé une cassette contenant des pièces d'or, quelque part au XIXe siècle. Et c'est cette petite histoire qui est intégrée dans les Aventures de Pinocchio.

 

En effet, dans le livre, un renard et un chat persuadent Pinocchio d'enterrer son argent dans le terrain, en lui promettant que ce dernier va croître et se multiplier. L'histoire de la multiplication des pains a la peau dure. Pinocchio fut écrit entre 1881 et 1883, racontant comment un charpentier, Geppetto, va par hasard façonner une marionnette de bois qui se comporte comme un véritable petit garçon. Et dont le rêve est de devenir un petit garçon de chair et d'os. 

 

Selon l'historien Giuseppe Garbarino, cité par l'AFP, la Villa di Colonnata est pourtant leur coeur de l'histoire de Pinocchio. Un passage que l'on retrouve également dans l'adaptation cinématographique de Disney, quoiqu'assez éloignée du conte. 

 

Selon lui, quelques fans absolus de l'histoire de Pinocchio viennent encore visiter la Villa, ainsi que des groupes scolaires, mais le nouveau propriétaire pourra largement profiter de cette notoriété. Et attirer plus encore les enfants dans cette bâtisse historique. « Ce serait bien si le nouveau propriétaire était lui-même un fan de Pinocchio », poursuit l'historien, qui a écrit plusieurs ouvrages sur le personnage et ses connexions avec le territoire local. 

 

Quelques photos sont à retrouver à cette adresse

 

 

Voici une partie de la séquence où le chat et le renard abusent de la crédulité de Pinocchio. 

traduction par Claude Sartirano

 

  

Le Renard ne put s'empêcher de rire. Un rire moqueur, peu flatteur. Le Chat riait aussi mais, pour qu'on ne s'en aperçoive pas, il se lissait en même temps les moustaches avec ses pattes de devant.

-         Il n'y a pas de quoi rire – grogna Pinocchio, piqué au vif – Désolé de vous faire venir l'eau à la bouche mais, si vous vous y connaissez, dites-moi donc ce que vous pensez de ces cinq magnifiques pièces !

Et il montra aux deux compères le cadeau de Mangiafoco.

L'agréable tintement des pièces d'or fit que le Renard tendit sans le vouloir sa patte malade alors que le Chat ouvrait tout grand ses yeux verts qui brillaient comme des lanternes. Mais il les referma aussitôt, de sorte que Pinocchio ne s'aperçut de rien.   

-         Et que vas-tu faire avec cet argent ? – demanda le Renard.

-         D'abord – répondit la marionnette – je vais acheter à mon papa un beau manteau neuf, tissé de fils d'or et d'argent avec des pierres précieuses en guise de boutons. Après, je m'achèterai un abécédaire. 

-         Un abécédaire ? Pour toi ?

-         Pour moi. Je veux aller à l'école et me mettre à étudier pour de bon.

-         Moi, j'ai perdu une patte pour avoir eu la sotte passion des études.

-         Et moi je suis devenu aveugle pour la même raison – ajouta le Chat.

 

.../...

 

Pinocchio réfléchit un moment puis déclara résolument:

-         Non, je ne peux pas venir. Je suis près de ma maison et je veux retrouver mon papa qui m'attend. Quels soupirs il a dû pousser, le pauvre homme, quand il ne m'a pas vu revenir !  Je suis vraiment un mauvais fils et le Grillon-qui-parle avait bien raison quand il disait que les enfants désobéissants n'avaient au­cune chance de réussir dans la vie. Je l'ai appris à mes dépens. Il m'est arrivé beaucoup de malheurs. Hier encore, dans la maison de Mangiafoco, j'ai couru un terrible danger. Brrr, rien que d'y penser me donne le bourdon.

-         Si tu tiens vraiment à rentrer, alors vas-y et tant pis pour toi ! – soupira le Renard.  

-         Tant pis pour toi ! – répéta le Chat.

-         Mais en te conduisant ainsi, Pinocchio, tu tournes le dos à la chance – ajouta le Renard.

-         A la chance ! – répéta le Chat.

-         D'ici à demain, tu aurais pu transformer tes cinq sequins en deux mille – insista le Renard.  

-         En deux mille ! – répéta le Chat.

-         Tant que cela ? Comment est-ce possible ? – s'étonna Pinocchio, éberlué.

-         Je vais te l'expliquer – dit le Renard. Sache donc qu'au Pays-des-Nigauds il y a un champ sacré que tout le monde appelle le Champ des miracles. Dans ce champ, tu creuses un petit trou et tu y mets, par exemple, un sequin d'or. Tu combles le trou avec de la terre, tu l'arroses avec deux seaux d'eau, tu jet­tes une pincée de sel et tu rentres tranquillement te mettre au lit. Pendant la nuit, le sequin germe et fleu­rit. Le lendemain matin, tu retournes dans le champ et qu'y trouves-tu ? Tu trouves un magnifique arbre chargé d'autant de sequins qu'un bel épi a de grains de blé en plein mois de juin. 

-         Alors, moi, si j'enterrais mes cinq pièces dans ce champ, combien de sequins trouverais-je le lende­main matin ?  – demanda Pinocchio, de plus en plus étonné.

-         C'est très simple, – répondit le Renard – toi-même pourrais en faire le compte avec les doigts de la main. Attendu que chaque pièce donne une grappe de cinq cents sequins et que tu as cinq pièces, tu te retrouveras, le lendemain matin, avec en poche deux mille cinq cents sequins sonnants et trébuchants.