Label LIR : vers une exonération fiscale pour plus de librairies

Nicolas Gary - 27.04.2018

Edition - Librairies - Label LIR - LIR librairie - librairie exonération fiscale


Exclusif – En décembre dernier, un amendement présenté au Sénat avait fait grand bruit dans la librairie française. Au cœur du sujet, le label LIR et les exemptions fiscales qu’il apporte. Réservé à certains libraires, ses avantages n’en étaient pas moins convoités par d’autres, enseignes et groupes. 

 


 

Derrière l’amendement déposé, une réalité économique pour les libraires : les avantages fiscaux que procure le label LIR. L’exonération de la Contribution économique territoriale, octroyée par les collectivités locales, intéressait en effet plusieurs acteurs. Decitre, Furet du Nord, Gibert Joseph et Gibert Jeune, ou encore les librairies Albin Michel avaient ainsi porté cette réclamation de voir l’exonération appliquée à tous.

 

France : la librairie se déchire pour un amendement
et Amazon compte les points

 

En face, la librairie indépendante, et le Syndicat de la librairie française avaient défendu le label, considérant que la modification envisagée par l’amendement porterait préjudice aux libraires labellisés. Durant plusieurs semaines, le débat avait fait rage, et bien que l’Assemblée nationale ait balayé le texte d’un revers de manche, personne n’était vraiment ressorti gagnant de cette séquence. 

 

La dichotomie ainsi créée entre groupements et enseignes d’un côté et librairies indépendantes de l’autre ne révélait finalement qu’une seule chose : le label LIR devait évoluer, et vite. Le Centre national du livre décidait de lancer une consultation pour étudier les nouvelles conditions à instaurer et les révisions à apporter. LIR, pour librairies indépendantes de référence, découlait d’un rapport remis par Antoine Gallimard à Christine Albanel, alors ministre de la Culture, en 2007.

 

Fin de partie : Amazon se repaît
d’une librairie française divisée 

Depuis, on en était resté là.

Mais selon nos informations, les négociations entre les porteurs de l’amendement et le SLF ont repris. Car, sur le fond, la révision de LIR faisait plutôt consensus. Benoît Bougerol, propriétaire de La maison du livre à Rodez, ainsi que de la librairie Privat, à Toulouse, l’expliquait à ActuaLItté : « La fragilité économique des librairies est une réalité, et nous devons l’appréhender pour l’ensemble des établissements, qu’il s’agisse de groupes, d’enseignes ou de librairies d’éditeurs comme Albin Michel. »

 

Le véritable problème venait plutôt de la méthode, assez cavalière, employée. Mais puisque tout le monde était d’accord sur le principe de révision du label, il suffisait donc de trouver une méthode qui convienne à chacun. À l’initiative de Xavier Moni, actuel président du SLF, un courrier a été envoyé aux deux inspecteurs généraux des affaires culturelles, chargés d’auditionner les professionnels dans le cadre de leur mission d’évaluation.

 

Dans ce courrier, consulté par ActuaLitté, est rappelé que « les libraires, quelle que soit leur taille, sont confrontées à des difficultés de natures diverses : une économie particulièrement tendue du fait de charges élevées et de marges insuffisantes, la dévitalisation de nombreux centres-villes, l’essor de la consommation sur Internet et la concurrence déloyale organisée par Amazon ».

 

À ce jour, quelques 500 librairies disposent du label, réexaminé tous les trois ans : si le label doit impérativement être maintenu « l’exonération de CET répond à des enjeux économiques et territoriaux communs à toute notre profession ». Et le président du SLF propose donc « d’étendre l’exonération de CET à l’ensemble des librairies en inscrivant directement ce principe dans la loi, sur le modèle de ce dont bénéficient déjà d’autres professions culturelles ».

 

Bien entendu, cette demande découle des échanges du SLF avec plusieurs chaînes de librairies, Albin Michel, Decitre, Furet du Nord, Gibert Joseph et Gibert Jeune. Et fait suite à la concertation qui s’est engagée après le dépôt de l’amendement.

 

Le SLF souhaite ainsi que les inspecteurs « [mettent] à l’étude cette proposition dans le cadre de [leur] mission ». Et que l’exonération soit donc élargie au plus grand nombre. 
 

« Au moment où le gouvernement et le parlement engagent des actions fortes et ambitieuses en faveur de la revitalisation des centres-villes et de la régulation des pratiques anti-concurrentielles des multinationales d’Internet, une telle mesure représenterait une avancée très significative pour la diffusion de la culture et pour le développement de nos territoires », conclut le président du SLF. 

 

Bien entendu, le courrier a également été communiqué au ministère de la Culture et au service du livre et de la lecture.

 

Denis Mollat, sollicité par ActuaLitté, le reconnaît volontiers : « Le rapport d’Antoine Gallimard, qui avait posé les bases de cette labellisation, est très bien structuré, mais il date de dix ans. La conjoncture est aujourd’hui différente, et l’on doit réviser le fonctionnement du label de référence. »

La mission initiée par le Centre national du livre a débuté avec de multiples auditions déjà, mais pour certains, l’accord trouvé entre les deux parties pourrait la rendre tout bonnement caduque, voire inutile. « Surtout si tout le monde est désormais d'accord », nous indique-t-on. 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.