Lâché par l'édition, Milo Yiannopoulos se tourne vers l'autopublication

Bouder Robin - 10.05.2017

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Alors qu'il y a près de 3 mois, Threshold Editions (groupe Simon & Schuster) mettait fin au contrat le liant au livre de Milo Yiannopoulos, ce dernier vient de déclarer qu'il s'apprêtait à attaquer la maison d'édition en justice. Par ailleurs, il compte publier lui-même son livre sous son propre label, dès cet été.

 

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Milo Yiannopoulos au Methodist Central Hall (Westminster, Londres), 2013 - Kmeron (CC BY 2.0)

 

 

Une affaire pleine de rebondissements que la publication de Dangerous par Milo Yiannopoulos : le jeune Anglais raciste, sexiste, polémiste à souhait, considéré comme « le plus grand troll de l'internet », a décidé de l'auto-publier après que ses éditeurs d'origine, Simon & Schuster, sont finalement revenus à la raison en annulant leur contrat.

 

Un contrat qu'ils n'auraient finalement pas dû signer du tout, puisque Yiannopoulos se retourne à présent contre eux : il annonce qu'il les poursuit en justice, réclamant 10 millions de dollars de leur part. « Je veux leur envoyer un message, leur dire qu'ils ne pourront jamais faire ça à un libertaire ou à un conservateur », disait-il dans un livecast YouTube la semaine dernière. À voir si cette menace est appliquée, toutefois.

 

Selon Vanity Fair, il aurait reçu 12 millions de dollars de la part de sources anonymes afin de financer son propre label, « Dangerous Books », qui éditera les auteurs « qui ne peuvent être publiés ». Il promet en tout cas que ce nouveau label fera de la vie « des journalistes, des professeurs, des politiques, des féministes, des activistes de “Black Lives Matter”, et de tous ceux qui jouent aux victimes un enfer ». Charmant.

 

Pour rappel, Simon & Schuster avait tout d'abord proposé une somme de 250 000 $ pour l'écriture de son livre, en affirmant aux lecteurs en colère que Yiannopoulos n'y tiendrait aucun propos offensant, qu'il s'agirait d'« un examen de fond de sujets comme le politiquement correct et la liberté d'expression, des sujets qui sont déjà largement débattus et discutés dans les médias mainstream et alternatifs, dans les campus et les écoles du pays ».

 

Les éditeurs s'étaient ensuite rétractés lorsque le membre du parti extrêmiste de l'« alt-right » avait – une fois de plus – créé la polémique en dédramatisant le sujet de la pédophilie, déclarant que les relations « entre jeunes garçons et hommes plus âgés... pouvaient représenter une expérience extrêmement positive ». Il aura fallu ça pour que Simon & Schuster réalise que publier son livre n'était peut-être pas une si bonne idée.

 

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Un porte-parole des éditeurs a précisé au Guardian qu'ils n'allaient pas se laisser faire : « Bien que nous n'ayons vu aucune plainte déposée par M. Yiannopoulos et qu'on ne nous ait rien demandé, nous nous défendrons de toutes nos forces contre toute action qu'il lancera contre Threshold Editions et Simon & Schuster. Nous resterons sur l'annulation du livre de M. Yiannopoulos, et considérons qu'aucune poursuite de sa part ne serait justifiable. »

 

Dangerous est en tout cas prévu pour cet été, mais étant donné le don dont use son auteur pour se faire des ennemis, il n'est pas certain que le livre bénéficie d'une forte exposition – et c'est tant mieux.

Via The Guardian, Vanity Fair