Lagardère : la fin du conflit avec Amazon ? Pas de deadline

Nicolas Gary - 01.08.2014

Edition - Economie - Lagardère groupe - premier semestre - résultats financiers


Les résultats du premier semestre 2014 du groupe Lagardère sont « conformes aux prévisions », assure un communiqué de presse. Avec 1,838 milliards € pour le 2e trimestre (+3,3 ) et un premier semestre qui s'affiche à 3,364 milliards € (-1,2 %), les chiffres d'affaires sont plutôt souriants. 

 

 

Frankfurt Buchmesse

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le deuxième trimestre « marque un retour à la croissance de l'activité », assure le groupe, qui ne rougit pas de l'ensemble du premier semestre. Attendu que sur 2013, pour la même période, le chiffre d'affaires était « particulièrement fort chez Lagardère Publishing », la comparaison n'est finalement pas désagréable. A cette époque, de nombreux best-sellers étaient sortis, assurant une activité et un CA plus important. 

 

« Le chiffre d'affaires de Lagardère sur le premier semestre 2014 s'élève à 3 364 M€, soit - 1,2 % en données brutes et - 2,6 % à données comparables », constate Lagardère. Et dans le domaine de l'édition, le 2e trimestre affiche +2,7 % données brutes et +2,5 % données comparables, soit 510 millions €. Pour l'ensemble de cette moitié d'année,  ce sont 903 millions € qui sont dégagés, soit -1,5 % en données brutes et -1 % en données comparables.

 

L'écart entre le 1er semestre 2013 et 2014 est dû à un effet de change négatif. En France « l'activité est en baisse de 9 % par rapport au 1er semestre 2013 qui bénéficiait notamment de la publication des tomes 2 et 3 de la saga Fifty Shades, de la biographie Moi Zlatan Ibrahimović, de la publication du roman de Grégoire Delacourt, La première chose qu'on regarde, et du livre de Dan Brown, Inferno ». 

 

Pour les États-Unis, « l'activité est en hausse (+ 5,6 %) grâce notamment à l'intégration d'Hyperion (acquisition d'un catalogue) et à la reprise en distribution de l'activité d'édition de Disney. À noter également de bonnes performances en Littérature générale, avec la parution de The Silkworm, de R. Galbraith (J.K. Rowling), de nombreux réassorts de The Goldfinch (D. Tartt) ou de Lone Survivor (M. Luttrell), et la sortie dans les salles de l'adaptation cinématographique de The Monuments Men, qui a soutenu les ventes du titre de R. Edsel publié par le Groupe ». 

 

Le Royaume-Uni présente une légère hausse de +1,1 %, avec «  de bonnes performances en Littérature générale, tirée par des parutions à succès et par la dynamique des e-books, ainsi que dans l'Éducation ». En revanche, Espagne et Amérique latine accusent un recul de 6,7 %, principalement du fait des retards dans la mise en place des réformes scolaires pour les programmes. 

 

Ebook et Amazon

 

Côté livre numérique, la transition « semble se stabiliser ». Le poids de l'ebook dans le CA global est resté à 11,3 %, le même chiffre que pour le 1er semestre 2013. « Cette transition demeure toujours cantonnée au segment de la Littérature générale, et uniquement dans les pays anglo-saxons. » Mais on note quelques éléments spécifiques. 

 

• Aux États-Unis, dans un marché du numérique qui marque une pause (ralentissement observé depuis 2013), le chiffre d'affaires du livre numérique est en baisse (29 % du chiffre d'affaires Trade contre 34 % à fin juin 2013), avec une incidence limitée des mesures punitives d'Amazon ;

• Au Royaume-Uni, le livre numérique affiche toujours une progression soutenue, et représente 36 % du chiffre d'affaires Adult Trade contre 31 % à fin juin 2013.

 

Autrement dit, le boycott d'Amazon n'aurait eu qu'un effet limité sur les ventes. Rappelons que le groupe Hachette Book aux USA est en guerre ouverte avec le revendeur, qui a décidé depuis plusieurs mois de supprimer les remises sur les livres papier, d'introduire des délais de livraison importants, et d'empêcher les précommandes de nouveautés. Cependant, durant toute cette période, les livres numériques étaient toujours disponibles. 

 

En revanche, Dominique d'Hunnin, cogérant de Lagardère SA, explique que les résultats américains pourraient être touchés par « la relation avec Amazon ». Doux euphémisme, que l'on relativise surtout : il serait « difficile de [le] dire, probablement un peu, mais c'est très difficile à évaluer ». Ce qui reste certain, c'est que les discussions se poursuivent, et que les négociations n'ont « pas de deadline » pour aboutir. (retrouver l'audiocast, à 12')