Lagardère Publishing : 2014, une mauvaise année, privée de best-sellers

Cécile Mazin - 10.02.2015

Edition - Economie - chiffre affaires - trimestre hachette Livre - édition internationale


Le groupe Lagardère vient de communiquer son résultat annuel pour 2014, avec un léger recul du chiffre d'affaires, placé à 7,17 milliards €. Si la fin de l'année passée a profité de quelques embellies, les comparaisons, dans la branche éditoriale, souffrent de ce que 2013 fut une excellente année sur son dernier trimestre.

 


Arnaud Nourry, PDG du groupe Hachette Livre (avec Xavier Darcos)

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Prenons les choses dans l'ordre : d'abord, le dernier trimestre 2014. Avec 1,903 milliard €, soit -0,9 % à données comparables, le groupe met en avant la « déconsolidation des activités de Relay dans les gares en France », ainsi  que la cession des librairies Payot en Suisse. De même, 10 titres de presse ont été vendus, chez Lagardère Active. Dans la branche Publishing, « l'activité est en repli », avec -8,7 % à données comparables. 

 

Un quatrième trimestre en fort recul, partout

 

L'effet de comparaison avec 2013 tourne en défaveur de l'année passée, pour les territoires français, américains et britanniques. Ainsi, pour le T4 2014, Publishing enregistre 537 millions € contre 569 millions € en 2013. De quoi impacter l'ensemble de l'année : 2014 se hisse pour le secteur du livre à 2,004 milliards €, contre 2,066 milliards un an plus tôt. Une variation de -4,5 % à données comparables. 

 

Le groupe explique que la baisse était attendue pour le T4, mais dans le détail, la France n'est pas le pays le plus à plaindre : les succès commerciaux de 2013 ne se retrouvent cependant pas, et occasionnent un recul de -9,9 % – Rowling, Astérix et EL James ne sont plus dans l'écran radar. 

 

Au Royaume-Uni, comme aux États-Unis, le manque de titres porteurs, ou pour le dire autrement, de best-sellers s'est fait ressentir, avec des reculs respectifs de -10 % et -8,4 %. En revanche, pour l'Espagne et l'Amérique latine, c'est la chute aux enfers, avec un recul de -18,5 %. 

 

Concernant le livre numérique, le marché est en recul, avec 19 % du CA, contre 27 % au T4 2013. Une baisse liée « d'une part au programme éditorial moins riche qu'en 2013, et d'autre part aux difficultés commerciales avec Amazon ». En revanche, pour le territoire UK, la croissance se poursuit à 25 % du CA opéré en numérique, contre 21 % en T4 2013. « Au quatrième trimestre 2014, le numérique représente ainsi 8,9 % du total des ventes de Lagardère Publishing (contre 9,6 % au quatrième trimestre 2013). » 

 

2014, une année moche : 2013 était trop belle

 

Concernant l'année 2014 au global, la branche connaît une transition « dont l'activité est, comme attendu, marquée par un effet de comparaison défavorable lié aux nombreux best-sellers parus en 2013 ». Et, couteau dans la plaie, les programmes scolaires ne sont toujours pas renouvelés en France, ce qui occasionne « une baisse sensible dans l'Éducation ». 

 

Pour la France, les États-Unis ou le Royaume-Uni, le constat est globalement le même pour l'ensemble de l'année, que pour le quatrième trimestre. Le groupe a manqué de best-seller en 2014, ce qui s'est répercuté sur l'ensemble du résultat. Pour la France, spécifiquement, on souligne combien 2013 a été porteur avec Astérix, Cinquante Nuances de Grey, Inferno...

 

La transition numérique de 2014 reste « cantonnée essentiellement aux marchés anglo-saxons, et uniquement sur le segment de la Littérature générale ». L'ebook pèse, dans ce segment pour 40 % du chiffre d'affaires, et les USA connaissent un recul – 26 % contre 30 % – alors que le Royaume-Uni continue de décoller, avec 31 % des ventes Adult trade, contre 27 % en 2013 et 20 % en 2012. Pour la France, 3,8 % des ventes de littérature générale sont devenues numériques. 

 

Et de conclure : « Au total sur l'année, l'e-book représente 10,3 % du chiffre d'affaires de la branche (contre 10,4 % en 2013). »

 

Dans une récente étude, le cabinet KPMG avait montré à quel point, sur l'ensemble du secteur de l'édition en France, les best-sellers avaient pris le pouvoir. « Les groupes ont réussi à maintenir leur CA malgré la baisse de l'activité de leur maison mère, notamment grâce aux maisons d'édition de taille intermédiaire qu'elles détiennent », note le cabinet, alors que les indépendants « souffrent de manière importante ». Il s'agissait de l'année 2013, bien entendu...